Finances des grandes villes : Montpellier jugée bonne élève malgré une dette en hausse
Montpellier bonne élève financière malgré dette en hausse

La santé financière de Montpellier jugée globalement bonne par l'Institut Montaigne

Dans un rapport publié ce mercredi 25 février, l'Institut Montaigne, think tank libéral fondé en 2000, a analysé les comptes des douze plus grandes villes françaises entre 2019 et 2024. Montpellier se distingue comme une des collectivités les plus performantes, se classant à la deuxième place derrière Toulon. Cependant, l'étude met en lumière une augmentation significative de sa dette, conséquence directe d'investissements ambitieux réalisés ces dernières années.

Une situation contrastée parmi les grandes villes françaises

La situation des grandes villes françaises se détériore, alors qu'elles étaient les collectivités les plus préservées par rapport aux Départements et aux Régions, précise l'Institut Montaigne. Mais cette dégradation dessine des situations très contrastées selon les villes. Pour Montpellier, les indicateurs restent positifs : les dépenses de fonctionnement progressent moins vite que dans d'autres métropoles et la dynamique des recettes n'a pas été portée par une hausse de la fiscalité.

Nicolas Laine, responsable des publications de l'institut, souligne : Ces indicateurs nous font dire que la santé financière de Montpellier est meilleure que dans beaucoup de grandes villes françaises, avec cependant une trajectoire à surveiller. La durée d'endettement s'élève à 6,8 ans pour la Ville et 12,9 ans pour la Métropole, selon les chiffres de 2024.

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Le poids financier des grands projets d'investissement

Les investissements structurants du premier mandat de Michaël Delafosse ont lourdement pesé sur les finances locales. Parmi les projets les plus coûteux :

  • 315 millions d'euros pour la ligne 5 du tramway
  • 60 millions d'euros supplémentaires pour l'extension de la ligne 1
  • 165 millions d'euros pour la modernisation de la station d'épuration Maéra
  • Environ 150 millions d'euros pour le projet de dépôt sud des tramways

Renaud Calvat, maire de Jacou et vice-président délégué aux finances de la métropole, défend cette stratégie : Quand vous réalisez de grands travaux structurants, c'est pour les cinquante années qui viennent. Il est tout à fait normal que le poids de ces investissements se répartisse sur un temps long. On assume totalement d'avoir investi pour l'avenir, et donc creusé la dette.

L'incertitude liée aux transferts financiers de l'État

L'Institut Montaigne alerte particulièrement sur la dépendance de Montpellier aux dotations de l'État, qui représentent 28% du budget communal contre une moyenne de 19% pour les grandes villes. Montpellier est très exposé, confirme Nicolas Laine. Si ce cas de figure devait se présenter, la ville devra faire des choix : jouer sur la fiscalité, allonger sa durée d'endettement ou revoir ses investissements.

Michel Aslanian, en charge des finances côté Ville, reconnaît : C'est un point d'inquiétude que nous prenons très au sérieux. Cette menace a déjà pesé par le passé. Nos équipes travaillent sur des simulations pour ne pas être pris au dépourvu.

L'opposition critique la gestion financière

Salim Jawhari, président de la commission des Finances et conseiller municipal d'opposition, conteste l'analyse positive : Les chiffres sont têtus. La dette s'envole à la Ville, et c'est pire à la Métropole. Il dénonce une présentation simpliste de la situation et pointe des dépenses qu'il juge superflues : Fallait-il engager 50 millions d'euros pour rénover la Comédie, l'Esplanade ou la place Max Rouquette ? Fallait-il dépenser 3,5 millions d'euros pour planter huit arbres ou 8 millions d'euros pour rendre un tunnel cyclable ?

Pour l'élu d'opposition, l'urgence avant d'investir, c'est peut-être d'aller chercher de nouvelles recettes. Et si l'on ne veut pas augmenter l'imposition, cela passera par un meilleur tissu économique. Le débat sur la gestion financière de Montpellier reste donc vif, alors que la ville doit concilier investissements d'avenir et maîtrise de sa dette.

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