LGV Sud-Ouest : les présidents de région en quête de clarifications urgentes auprès du gouvernement
Alain Rousset et Carole Delga, les présidents des régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, se rendront mardi 21 avril à Matignon pour une rencontre cruciale avec le Premier ministre. Cette entrevue intervient dans un contexte de tensions croissantes autour du projet de Ligne à Grande Vitesse du Sud-Ouest (LNSO), qui relie Bordeaux, Toulouse et Dax. Les deux élus, fervents défenseurs de cette infrastructure, insistent sur la nécessité pour l'État de respecter le plan de financement établi en 2022, alors que les incertitudes budgétaires persistent.
Un appel à la transparence et à l'action immédiate
Interrogés sur leurs attentes, Alain Rousset a déclaré : « Nous avons l'arme au pied, nous attendons le feu vert pour lancer la procédure d'appel d'offres. Le gouvernement doit apporter des réponses claires. Il faut lever tous les obstacles pour la poursuite du chantier des lignes nouvelles. L'État procrastine. » Il a également souligné la demande de déblocage des conclusions d'une contre-analyse financée par les régions, que la SNCF n'a pas transmise.
Carole Delga, de son côté, a exprimé son exaspération : « Je vais dire au Premier ministre que l'attente n'a que trop duré. Cette tergiversation perpétuelle devient insultante pour les habitants du Grand Sud-Ouest. Nous attendons un langage de vérité, et non une énième étude ou rapport. » Elle a mis en garde contre les conséquences politiques d'un éventuel abandon, évoquant un risque de mépris envers les électeurs.
Critiques du rapport du Conseil d'orientation des infrastructures
Les présidents ont vivement réagi au dernier rapport du Conseil d'orientation des infrastructures (COI), qu'ils jugent contradictoire et malhonnête intellectuellement. Alain Rousset a pointé des incohérences, notant que le COI reconnaît pourtant un besoin réel de rail dans le Sud-Ouest. Carole Delga a fustigé les arguments présentés, estimant qu'ils sont utilisés de manière inéquitable par rapport à d'autres projets d'infrastructures.
Défense d'un financement public et rejet du partenariat public-privé
Sur le front financier, les élus ont réaffirmé leur opposition à un partenariat public-privé (PPP), qu'ils estiment plus coûteux de 7 milliards d'euros et générateur de délais supplémentaires. Alain Rousset a rappelé que le plan de financement public, avec un portage par la Caisse des dépôts, a été voté en 2022, l'État s'étant engagé à hauteur de 40%. Carole Delga a ajouté que les conditions juridiques pour un PPP ne sont plus remplies et a minimisé l'effort demandé à l'État, soit 166 millions d'euros par an, représentant 0,03% de son budget.
Conséquences potentielles d'un report du projet
Les conséquences d'un éventuel retard ou abandon sont jugées graves. Alain Rousset a alerté sur le coût quotidien d'un million d'euros lié au report de l'appel d'offres, tandis que Carole Delga a évoqué le gaspillage de 2 milliards d'euros déjà engagés dans les travaux. Tous deux ont souligné l'impact sur la crédibilité de l'État et le risque de désaffection électorale dans les territoires concernés.
En résumé, cette rencontre à Matignon s'annonce comme un moment décisif pour l'avenir de la LGV Sud-Ouest, avec des présidents de région déterminés à obtenir des engagements fermes et à éviter tout nouveau délai.



