Montpellier envisage une hausse d'impôt foncier pour sauver les services publics
Hausse d'impôt foncier à Montpellier pour financer services publics

Montpellier envisage une hausse d'impôt foncier pour préserver les services publics

Réuni ce mardi 21 avril pour le débat d'orientation budgétaire, le conseil métropolitain de Montpellier a évoqué une possible augmentation significative de la fiscalité foncière. Cette mesure, qui pourrait voir le taux passer de 0,16% à 5,8%, vise à financer les services publics essentiels tout en ralentissant le rythme des investissements.

Un contexte budgétaire tendu

La situation financière de la Métropole n'est pas aussi critique que celle de la voisine Aix-Marseille-Provence, qui doit combler un déficit de 123 millions d'euros en dix jours, mais elle incite à la prudence. À une semaine du vote du budget primitif, les élus ont souligné la fin des grands investissements du premier mandat et l'entrée dans une phase de gestion rigoureuse des finances.

Le contexte international incertain et la réduction des dotations de l'État aggravent les difficultés. Renaud Calvat, maire de Jacou et vice-président délégué aux Finances, dénonce : "Nous avons la dotation globale de fonctionnement la plus faible de France, largement en dessous de la moyenne des autres métropoles, alors que nous gagnons des habitants. Si nous étions alignés sur la médiane, nous récupérerions 20 millions d'euros de plus par an !"

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

L'État pointé du doigt

Les élus critiquent vivement le gouvernement central. Christian Assaf, vice-président au Développement Économique, ajoute : "Partout, les assemblées sont asphyxiées par un État centralisateur qui compte sur nous pour renflouer ses caisses. Il faut dire stop." Le président de la Métropole, Michaël Delafosse, se rendra à Paris le 4 mai pour négocier avec le ministère des Finances.

Les alternatives envisagées

Face à ces contraintes, la Métropole explore plusieurs pistes pour équilibrer son budget sans sacrifier les services. Les projets comme les nouvelles lignes de bustram, les aides à la rénovation énergétique et un fonds de solidarité aux communes restent prioritaires. Une ligne budgétaire pour la sécurisation des rues et la marchabilité des centres-villes est également prévue.

Michaël Delafosse a posé clairement l'équation : comment financer le fonctionnement des transports, de la voirie, des équipements sportifs, des médiathèques et des piscines, qui coûtent 1 095 euros par habitant ? Réduire l'offre n'est pas une option : "S'il y a des volontaires pour fermer des piscines et des médiathèques, qu'ils lèvent le doigt", a-t-il lancé, soulignant que personne ne propose cette solution.

La hausse de la fiscalité foncière

La Métropole s'oriente donc vers une augmentation de la part foncière intercommunale. Actuellement, un propriétaire d'une maison de 100 m² paie environ 6 euros d'impôts intercommunaux par an. Avec la hausse, cela pourrait passer à 10-15 euros par mois par foyer. "C'est un effort, mais c'est le prix de nos services publics de qualité", explique Renaud Calvat, précisant que le débat se poursuit pour déterminer le taux acceptable.

Seuls les propriétaires concernés

Cette mesure toucherait exclusivement les propriétaires, car la Métropole ne peut plus agir sur d'autres leviers fiscaux depuis la suppression de la taxe d'habitation. Renaud Calvat regrette cette décision : "Je fais partie de ceux qui pensent que cette suppression a été une erreur. Elle permettait de faire contribuer tout le monde." Les recettes proviennent majoritairement des entreprises, mais les citoyens contribuent aussi via les entrées aux piscines ou les abonnements aux médiathèques.

En résumé, la Métropole de Montpellier fait face à un dilemme complexe : maintenir des services publics de qualité tout en équilibrant un budget sous pression. La hausse de l'impôt foncier apparaît comme une solution nécessaire, bien que controversée, pour éviter des coupes drastiques.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale