Gestion privée du lac : 150 riverains contestent le projet nautique à Saint-Pée
Gestion privée du lac contestée par 150 riverains

Une réunion houleuse sur la privatisation des activités nautiques du lac

Vendredi 21 février, environ 150 personnes se sont rassemblées salle Larreko à Saint-Pée pour une réunion d'information consacrée au futur dispositif de gestion privée des activités nautiques du lac. Face aux riverains, le maire et les représentants de l'entreprise concessionnaire Kha 2, Henri et Karen Charlet, ont défendu ce projet controversé qui prévoit la privatisation de l'exploitation des zones d'activités saisonnières.

Un projet ambitieux mais contesté

Les responsables de Kha 2 ont présenté un projet qui, selon eux, n'occupera pas plus de 5% de la surface totale du lac. L'aquazone serait déplacée dès cet été de l'île vers le ponton de la digue, avec en contrebas un parc pour les 3 à 6 ans et un snacking. D'ici 2027, le dispositif serait complété par un village gonflable et un minigolf sur la thématique de la mythologie basque. La gestion des pédalos en saison leur serait également confiée, avec la prise en charge des charges salariales correspondantes.

La convention prévoit un recrutement prioritaire de personnel local, le maintien d'Herri Urrats dans sa forme actuelle, et un versement annuel minimum de 45 000 euros à la commune. Malgré ces engagements, le projet est loin de faire l'unanimité parmi la population.

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Des critiques multiples et virulentes

Le débat s'est rapidement tendu, avec des critiques portant principalement sur trois aspects : l'environnement, l'aspect financier et les nuisances potentielles. L'opposition municipale a reproché la mise en œuvre "à la hussarde, dans la précipitation et sans concertation".

Les riverains ont alerté le préfet sur les risques environnementaux, sécuritaires et les nuisances pour le quartier. Parmi leurs principales préoccupations :

  • Les normes sur l'installation aquatique
  • L'installation d'un minigolf dans une zone Natura 2000
  • Une surfréquentation générant des problèmes de stationnement
  • Des risques d'incivilités routières

Des voix se sont élevées des gradins pour dénoncer : "Où est le tourisme raisonné ?" et "On va créer un Disneyland à Saint-Pée". Certains ont même émis des doutes sur la rentabilité du projet pour la commune et ont demandé son abandon pur et simple.

Un dialogue difficile et des perspectives politiques

L'entreprise et le maire se sont évertués à répondre aux critiques, mais le dialogue est resté difficile avec beaucoup de malentendus de part et d'autre. Un constat s'est imposé : c'est davantage la gestion du sujet par le premier édile que l'entreprise elle-même qui était visée par les critiques.

Cette réunion a généré la première promesse électorale officielle pour 2026. Christophe Jaureguy a déclaré : "Ne vous réjouissez pas trop vite. Si nous sommes élus dans un mois, nous reviendrons sur le projet". Cette annonce montre que le débat dépasse largement la simple question de la gestion des activités nautiques pour toucher à des enjeux politiques plus larges.

La réunion du 21 février a donc révélé les profondes divisions autour de ce projet de privatisation, avec d'un côté une municipalité et une entreprise convaincues de son intérêt, et de l'autre des riverains et une opposition municipale déterminés à le contester sur des bases environnementales, sociales et démocratiques.

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