DPVa dévoile ses orientations budgétaires pour 2026 : une année de tremplin
Le rapport d'orientation budgétaire de Dracénie Provence Verdon agglomération a été présenté lors du conseil d'agglomération du lundi 20 avril 2026, dans la salle Edouard-Soldani du conseil départemental à Draguignan. Ce document, qualifié d'élément obligatoire du débat pour voter en conscience par Romain Vacquier, maire du Muy et vice-président en charge des finances, fera l'objet d'un vote le 27 avril prochain. Il ne conduit pas directement au vote du budget 2026, qui aura lieu la semaine suivante, mais il fixe les grandes lignes financières pour l'année à venir.
Le budget principal : des recettes sous pression
Concernant le budget principal, les recettes de fonctionnement reposent à 80 % sur la fiscalité, tandis que 16 % proviennent des dotations de l'État, en baisse constante. La dotation globale de fonctionnement (DGF) est ainsi passée de 10,4 millions d'euros en 2014 à environ 6 millions d'euros aujourd'hui. L'inflation pèse lourdement sur le budget de l'intercommunalité, exacerbant ces contraintes. En fin d'année 2025, un emprunt de 4,2 millions d'euros a été contracté, prolongeant la durée de remboursement de la dette à 8 ans, une fourchette jugée plutôt haute.
Sur le volet des investissements, le plan pluriannuel d'investissement (PPI) 2023-2026 représentait 93 millions d'euros, répartis comme suit :
- 27 millions d'euros pour le budget général
- Près de 8 millions d'euros pour les déchets
- 35 millions d'euros pour la Gemapi (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations)
- 5 millions d'euros pour les transports
- Environ 18 millions d'euros pour l'eau et l'assainissement
Le conseil communautaire doit désormais voter pour le PPI 2027-2033, avec pour objectif de faire de 2026 une année de tremplin, après une année 2025 décrite comme de résilience.
Les budgets annexes : des défis spécifiques
Sur le volet des déchets, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (Teom) s'élève à 12,6 % en 2025. Le budget n'est pas à l'équilibre, nécessitant une subvention annuelle du budget général, de l'ordre de 800 000 euros l'an dernier. Romain Vacquier souligne la nécessité de réfléchir à investir face au coût élevé des réparations du matériel, estimé à 400 000 euros par an, et à l'augmentation de 10 % de la taxe générale sur les activités polluantes.
Pour la Gemapi, l'agglomération prévoit de collecter 2,3 millions d'euros. Le budget eau est à l'équilibre malgré une baisse de la consommation et des charges fixes identiques, tandis que l'assainissement nécessite des mises aux normes des stations d'épuration. Le budget transports est déficitaire pour la première fois en 2025, avec un déficit de 1,3 million d'euros, nécessitant de trouver des recettes pour financer l'achat d'un bus, un terrain pour une aire de covoiturage à Trans-en-Provence et l'achèvement des travaux de la gare routière de Draguignan.
Le budget tourisme s'autofinance grâce à la taxe de séjour, qui rapporte 1,5 million d'euros par an, mais reste fragile en raison de sa dépendance à la fréquentation. En santé, l'ouverture de maisons de santé à Vidauban, Sillans et Bargemon porte à quatre le nombre de structures, avec un financement de la partie non médicale par l'agglomération à hauteur de 350 000 euros.
Un nouveau défi : les ressources humaines
Un nouveau budget à étudier en 2026 concerne les ressources humaines. La situation est préoccupante : 50 % des agents de DPVa ont plus de 50 ans, avec une moyenne d'âge de 48 ans, ce qui pourrait provoquer de l'absentéisme. Des métiers sont en tension, notamment dans la maintenance, les finances, les transports, le sport, les ressources humaines, les commandes publiques, l'eau et l'assainissement.
Tensions politiques lors de la séance
La séance a également été marquée par des tensions politiques lors de l'élection des délégués de DPVa au Syndicat mixte des eaux du Verdon. Lohan Ferretti, maire de Salernes, a proposé sa candidature, se plaignant de ne pas avoir été convoqué à la réunion préparatoire. Claude Alemagna, président de DPVa, a répondu en soulignant que les élections municipales avaient été politisées et que sa majorité n'était pas perméable à l'extrême droite, désignant des Salernois à part entière.



