Peu d’éclats de voix, ce jeudi 23 avril, lors du conseil communautaire. Les orientations budgétaires ont été débattues de façon pondérée. La gouvernance semble prendre la voie du consensus « Cette gouvernance n’est pas transpartisane. Elle bafoue l’histoire de l’Agglomération d’Agen car des communes de la première couronne, Bon-Encontre, Boé, Pont-du-Casse, sont écartées alors qu’elles portent sur leur territoire des enjeux économiques importants et représentent 20 000 habitants. Je reconnais la légitimité du vote, mais regrette le déséquilibre territorial », a lancé Laurence Lamy, maire de Bon-Encontre. Cela aura été la seule invective de la réunion communautaire de ce jeudi 23 avril. Mais une réflexion qui donne bien le sens de la nouvelle gouvernance de l’Agglo et même de son futur budget : un virage rural. « Depuis 2022 et l’intégration de la Communauté de communes Porte d’Aquitaine en Pays de Serres, le caractère rural de notre Agglomération s’est renforcé et nous devons être fidèles à cette représentation », pour le président de l’Agglo, Olivier Grima, qui se défend de toute politisation de la gouvernance.
La voirie, sujet sensible
Un accent sur la réalité rurale qui se traduit donc dans le budget, avec une augmentation sensible du Fonds de solidarité territoriale qui passe, comme annoncé, de 30 à 40 euros par habitant. L’Agglo prévoit également la création d’une provision, sur trois ans, pour contrer les risques naturels, qui s’élèverait à un million d’euros. Reste à définir ces risques naturels pour chaque commune. Ce point est, avec d’autres, prévu lors du bureau communautaire du jeudi 7 mai.
Les communes rurales y sont sensibles. Mais restent un brin critiques. Notamment concernant les voiries, un point toujours sensible. « On ne peut pas investir à cause de cela. Les prix ont augmenté de 25 % sur certains matériaux, impossible de s’en sortir », plaident David Sanchez, maire de Saint-Sixte, et Patrick Roux, maire de Beauville. Une réalité qui cristallise les tensions dans les petits villages. « Dans l’Agglo, nous sommes 16 de moins de 500 habitants… » Avec une capacité d’autofinancement proche de zéro. Le Fonds de solidarité territoriale n’y fait rien. Il est réservé à l’investissement, grevé par ces problématiques de voirie pourtant vitale pour la sécurité des habitants.
Une thématique que les élus ruraux aimeraient bien voir davantage émerger. « La voirie est une source quotidienne de préoccupation. L’Agglo a comme compétence les quartiers prioritaires de la ville, qui ont un vrai budget, mais qui ne concernent pas la ruralité », a encore estimé le maire de Beauville. Nombre de ses confrères opinent.
23 millions d’investissements par an
Olivier Grima en fait partie. Mais tient à tenir la barre : « il ne faut pas dégrader les finances de l’Agglomération ». Car, même si une attention semble portée aux communes rurales, l’investissement et le développement économique restent les têtes de pont. Avec, dans les prévisions pour le prochain budget, 23 millions d’euros d’investissement chaque année.
Avec quelques garde-fous qu’a rappelés Jean-Jacques Aurensan, maire de Layrac et, comme l’a décrit Olivier Grima, rappelant le vocable de Jean Dionis, « ministre des Finances » de l’Agglo. La volonté du président est, en effet, de respecter un taux d’épargne brute au-delà de 20 %, et une capacité de désendettement entre 7 et 10 ans, « dans la limite de 140 millions d’euros ». Les garants d’une gestion saine « car il ne faut pas oublier les contextes nationaux et internationaux plus qu’incertains sur les prix des matières premières ».
LGV, mobilités, gestion de l’eau, pertinence de Garonne Plage et, même, retour du seuil de Beauregard ont également été évoqués lors de ce débat d’orientation budgétaire, plutôt sage et mesuré. « Nous aurons les débats contradictoires qu’il faut », a assuré Olivier Grima. Le budget doit être débattu jeudi 30 avril.
Vers une refondation du pacte de mutualisation
« Ni une déclaration de guerre, ni une demande de divorce », a rassuré Laurent Bruneau. Pour faire suite à la délibération adoptée lundi en Conseil municipal, l’Agglo a voté la même délibération, sans les huit voix de l’opposition agenaise. « Nous aurions aimé laisser le temps de voir si cela fonctionne avant d’engager cette démarche », a avancé Clémence Brandolin-Robert. Olivier Grima, lui, a assuré qu’il voulait avancer « le plus sereinement possible ». Cette refondation se fera avec l’appui d’un cabinet extérieur. La main de l’Agglo était également tendue vers sa ville centre dans l’embauche future de cinq futurs emplois non permanents : deux dédiés au cabinet du maire d’Agen, et trois pour le cabinet de l’Agglomération. « L’objectif est de poursuivre la mutualisation en donnant au maire d’Agen les moyens de conduire sa politique comme chacun des maires de notre Agglo », a souligné Olivier Grima.



