Bergerac : 1 million d'euros supplémentaire voté après les inondations exceptionnelles
Bergerac : budget supplémentaire après les inondations

Un budget d'urgence voté après des intempéries historiques

Les intempéries exceptionnelles du début mars ont profondément marqué le territoire de l'Agglomération bergeracoise, provoquant la convocation d'un conseil communautaire extraordinaire. Réunis à l'espace Étincelle, les élus ont dû faire face à une situation climatique qualifiée d'historique par le président Frédéric Delmarès.

Une crue hors norme aux conséquences dramatiques

« C'est un épisode climatique particulier par son intensité, sa durée et ses conséquences », a souligné Frédéric Delmarès, lui-même pêcheur de profession, qui affirme n'avoir « jamais vu ça » en plusieurs décennies d'observation. Le Caudeau est sorti de son lit, inondant une trentaine de maisons dans le quartier de la Brunetière à Bergerac et causant des dégâts considérables dans les quartiers sud de la ville.

Le président a immédiatement tempéré les attentes : « On ne pourra pas trouver des solutions immédiatement, d'autant qu'elles sont multifactorielles comme on a pu l'observer au Tounet ou à Gabanelle, où les bassins de rétention n'étaient pas suffisants. »

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Des ouvrages privés non entretenus aggravant la situation

Frédéric Delmarès a pointé du doigt un problème structurel : de nombreux ouvrages appartenant au domaine privé ne sont plus entretenus et ne sont plus « manœuvrables », empêchant l'eau de s'écouler normalement, notamment en amont et en aval de Pombonne. « Mais c'est une crue hors norme et il faut que l'eau passe », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité d'une approche globale plutôt que de solutions miracles.

Un million d'euros supplémentaire pour des travaux urgents

Face à l'urgence, les élus de la Communauté d'Agglomération bergeracoise ont pris une décision budgétaire significative. Lors du conseil du lundi 2 mars, ils ont voté à la majorité l'inscription d'un million d'euros supplémentaire au budget, portant ainsi à 4 millions d'euros le montant total dévolu aux travaux de voirie pour 2026.

« Nous flécherons aussi une partie de cette somme vers des travaux que nous pouvons réaliser immédiatement autour du Caudeau », a précisé Frédéric Delmarès le lendemain. « Il y a des choses à faire aussi en matière de sensibilisation, voire d'aide pour l'entretien des ouvrages. Par ailleurs, les équipes techniques travaillent sur des zones d'expansion qui permettraient de guider l'eau dans des prés. »

Des finances saines permettant cet effort exceptionnel

Le président a rappelé que cet effort budgétaire n'était possible que grâce à la situation financière solide de l'agglomération. « Si cet effort peut être consenti, c'est parce que la situation financière est bonne », a-t-il affirmé, saluant au passage le travail du personnel de la CAB et des communes.

Le budget finalement voté – avec l'opposition de François Cornet du Rassemblement national – prévoit près de 28 millions d'euros en section d'investissement et 59,7 millions pour le fonctionnement. François Cornet a critiqué ce budget, pointant notamment des dépenses qu'il juge « d'écologie mal à propos », comme les 1,2 million d'euros consacrés à la voie verte.

Des élus locaux témoignant de l'ampleur de la catastrophe

René Visentini, le maire de Razac-de-Saussignac, a décrit une fin de mandat « atroce » avec « cinq à six jours sans lumière » pour ses administrés. « Les gens ne supportent plus d'attendre », a-t-il souligné, se remémorant les 19 jours sans électricité subis en 1999.

Alain Castang, maire de Rouffignac-de-Sigoulès et président des maires ruraux, a confirmé l'ampleur exceptionnelle de l'événement : « Il n'y avait pas eu une telle tempête depuis 1999. » Une cellule de crise avait été ouverte à Bergerac, mobilisant des moyens considérables. « La force d'intervention d'Enedis était constituée de huit départements et nous n'étions pas les plus touchés comparé à la Gironde ou au Lot-et-Garonne », a observé l'élu, relativisant malgré tout la situation par rapport aux départements voisins.

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Cette séance du conseil communautaire aura donc été marquée par la nécessité de répondre à une urgence climatique tout en planifiant des solutions durables pour un territoire désormais conscient de sa vulnérabilité face aux phénomènes météorologiques extrêmes.