Jacques Auzou : eau, piscine, crèches, urbanisme, les priorités de l'Agglo
Auzou dévoile les priorités de l'Agglo : eau, piscine, crèches

Réélu à la tête de l'Agglomération du Grand Périgueux il y a un mois, Jacques Auzou aborde les dossiers majeurs de son mandat : gestion de l'eau, économie, piscine, crèches et urbanisme. Face aux nouveaux équilibres politiques, il se dit ouvert à des « ajustements » qui se dessineront en juin.

Le Sîlot, un tiers-lieu en rythme de croisière

« Le Sîlot trouve son rythme de croisière et je m'en félicite », savoure Jacques Auzou. Ce tiers-lieu du Grand Périgueux, qui a coûté 12 millions d'euros, est dédié aux cultures urbaines ainsi qu'à l'économie sociale et solidaire. Il illustre la force de frappe de l'Agglomération, dotée d'un budget consolidé de plus de 130 millions d'euros, dont près de 40 millions sont consacrés aux investissements. L'institution ouvre un nouveau chapitre.

Une assemblée de droite majoritaire

Jacques Auzou, communiste boulazacois, a été reconduit le 11 avril avec les voix de la droite. « Elle est majoritaire », constate-t-il. « Nous le devons à Périgueux mais aussi, hélas, à Trélissac… Avec également la confirmation d'un bloc centriste à Marsac. L'Agglo en tient compte dans la répartition des responsabilités. À part quelques numéros qui ne s'adaptent jamais, tout va bien. » Il dit tenir compte des équilibres politiques.

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Un séminaire en juin pour ajuster les projets

Jacques Auzou n'entend pas imposer à la nouvelle assemblée la totalité des stratégies déjà validées en 2023 par le projet Grand Périgueux 2040. « Le 13 juin, un séminaire permettra de revisiter nos points d'accord sur ce document majeur, annonce-t-il. Ce qui est déjà engagé ira au bout. La différence avec notre situation d'il y a 10 ans, c'est que l'armoire est pleine de projets. Il s'agira de faire des choix, d'ajuster si besoin, en fonction des majorités qui se dégageront. »

L'Aquacap mérite un choix

Choisir, c'est renoncer ? Possible. D'autant que le contexte financier a évolué : « Entre les dotations perdues et les dépenses imposées, comme les cotisations pour la retraite des agents, nous accusons un trou de 700 000 euros », déplore le président. Le Grand Périgueux devra donc arbitrer, notamment à propos de l'Aquacap, cette piscine trop dégradée pour être rénovée. « Nous allons avoir ce débat sur la démolition-reconstruction d'un nouveau centre aqualudique. Je suis favorable à la reprise du dossier. Mais si l'Agglo le choisit aussi, alors elle devra se donner les moyens de l'assumer financièrement, malgré des subventions qui se font de plus en plus rares. »

Les crèches : un niveau de réponse suffisant ?

Des élus réclament des crèches ? Jacques Auzou fait la moue : « La Caisse d'allocations familiales juge notre niveau de réponse supérieur à la moyenne nationale. Si on le décide, on peut faire des conneries tous les jours, mais faut-il augmenter les impôts pour cela ? » Il rappelle les projets déjà engagés, comme la mini-crèche accolée au futur village senior de Vergt, ou celle attendue près de l'Espace Aliénor, à Périgueux. Et après, on ferme le ban ?

L'usine du Toulon et la sécurisation de l'eau

Le patron de l'Agglo range d'autres projets au-dessus de la pile, notamment l'usine du Toulon. « Elle donne de l'eau depuis les Romains, rappelle le communiste. Quand sa cavité s'est effondrée, voilà cinq ans, nous étions dans l'embarras (une tranche de travaux a eu lieu, des investissements restent à enclencher). À l'Est de Périgueux, tous les réseaux sont interconnectés. En revanche, ce n'est pas le cas à l'Ouest… Et c'est un problème en cas de sécheresse. Sécuriser la ressource en eau est une priorité. »

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Révision du PLUI et foncier

D'autres priorités sont sur les rails : le pôle d'échanges multimodal de Périgueux, le déploiement des panneaux photovoltaïques dans l'agglomération, ou encore la création des centres de loisirs d'Antonne, Le Change et Savignac. Reste la révision du Plan local d'urbanisme intercommunal (PLUI), « un gros chantier du mandat », qui pourrait modifier durablement le décor sur « la route d'Angoulême et celle de Bergerac ». Ce PLUI devrait aussi « permettre de dégager du foncier », notamment pour les entreprises, même si la loi ZAN (zéro artificialisation nette) plane toujours. « Au total, nous aurons 10 hectares à commercialiser au cours du mandat : il y a de quoi faire. » Jacques Auzou ne tremble pas : « Si on met 10 ans à commercialiser la Petite Borie, on s'adaptera. Mais je suis persuadé que notre situation, à 100 km de Bordeaux, reste un atout. Il faut simplement garantir notre capacité d'accueil. »

Un Ehpad dans le village de Vergt

Le dynamisme économique et le renouvellement urbain ne sauraient masquer les enjeux de santé publique. L'Agglo entend finaliser son projet de village senior à Vergt, un Ehpad de 70 places ancré dans la commune. « Sur l'ancien emplacement de la gendarmerie, les résidents se trouveront tout près de la Poste, de l'église, du café ou du marché… On y est presque. » Si tout se passe comme prévu, un appel à manifestation d'intérêt sera validé en juin.

Tourisme : « Notre territoire peut faire mieux »

« Il n'y aura pas de conflit avec Périgueux », annonce le patron de l'Agglomération. En matière de tourisme, le communiste et le maire Horizons semblent en phase. Mais si Jacques Auzou et Michel Cadet paraissent tous deux favorables au retour de Périgueux dans le giron d'un office intercommunal, le président rappelle qu'il est « toujours plus facile de divorcer que de se remarier ». En attendant, il convient de nourrir les ambitions de ce territoire « où les touristes ne séjournent qu'un jour et demi ». « Il nous faut plus d'hôtellerie. On y participe un peu dans le quartier de la gare de Périgueux. Mais globalement, nous manquons d'attractivité directe. » La lumière pourrait jaillir de Bourdeilles et Brantôme, pressentis pour rejoindre l'Agglo. « Notre piste principale, c'est la durée du séjour. Il y a en Dordogne 4,9 millions de touristes, dont 4,2 en Périgord noir. Nous ne nous comparons pas à Sarlat, mais notre territoire peut faire mieux. »