Agen : L'arrêté municipal sur les VTC retoqué par la préfecture pour vice de forme
La satisfaction des chauffeurs de VTC (Véhicule de Tourisme avec Chauffeur) opérant sur Agen aura été de courte durée. En début de semaine, ils ont appris que l'arrêté municipal du 20 novembre 2025, qui limitait leur zone d'activité, a été retoqué par la préfecture du Lot-et-Garonne.
Un texte jugé trop flou et irrégulier
Dans un communiqué daté du 19 février, la mairie d'Agen a reconnu que le préfet a mis en avant des irrégularités de rédaction lors de son contrôle de légalité. Ces défauts de forme entraînaient une potentielle atteinte aux principes de libre circulation et de libre concurrence, selon les observations de l'autorité préfectorale.
La municipalité précise que l'arrêté initial présentait des incohérences, mentionnant alternativement tout le territoire d'Agen puis certains endroits, créant ainsi une ambiguïté juridique inacceptable.
Un nouvel arrêté déjà en préparation
Pour corriger ces imprécisions, un nouvel arrêté a déjà été élaboré. Celui-ci délimitera avec exactitude les zones où la prise en charge par les VTC sera interdite, notamment :
- Les abords de la gare d'Agen
- Le secteur du centre de congrès
- Les environs de l'École nationale d'administration pénitentiaire (Enap)
Le reste du territoire communal restera autorisé aux activités des VTC. Ce nouveau texte doit encore recevoir la validation définitive de la préfecture avant d'entrer en vigueur.
Tensions persistantes avec la profession des taxis
Cette affaire s'inscrit dans un contexte de tensions vives entre chauffeurs de VTC et taxis à Agen. Les taxis, qui estiment subir une concurrence déloyale, avaient sollicité le maire Jean Dionis pour obtenir des restrictions.
De leur côté, les chauffeurs de VTC concernés se défendent en rappelant qu'ils ne pratiquent pas la maraude électronique et travaillent exclusivement sur réservation via la plateforme Allocab. Ils soulignent également qu'ils résident tous hors d'Agen et attendent les appels depuis leur domicile.
Menace de recours juridique
Un chauffeur de VTC, souhaitant conserver l'anonymat, a déclaré ce mercredi 4 mars : Si le nouvel arrêté est validé, nous l'attaquerons devant le tribunal administratif de Bordeaux. Il accuse le maire d'outrepasser ses droits et d'agir à l'encontre de la législation nationale régissant leur activité.
Cette annonce préfigure de possibles développements contentieux autour de la régulation des VTC dans la préfecture du Lot-et-Garonne, alors que le débat entre liberté d'entreprendre et protection des professions réglementées continue d'animer le territoire.



