Un élu d'Ondres dans la tourmente après des publications controversées
Alexandre Gilloir, fraîchement élu au Conseil municipal d'Ondres sur la liste divers centre de Patrick de Casanove, est au centre d'une vive polémique. Interrogé sur ses anciennes publications sur les réseaux sociaux Facebook et X (anciennement Twitter), sous pseudonyme, le fonctionnaire de police a ensuite fait disparaître ses messages, alimentant les interrogations.
Le « jeu des sept différences » et des amalgames troublants
Le 27 août 2020, Alexandre Gilloir, utilisant le pseudonyme Alex Gillouze sur Facebook, partageait deux photos en commentant : « À part la couleur de la bagnole, je vois pas… ». L'une montrait des véhicules surmontés de singes, l'autre des individus manifestant leur colère après la défaite du PSG contre le Bayern de Munich. Ce « jeu des sept différences » a suscité des critiques pour son amalgame potentiel entre singes et supporters.
« Attention, je ne mets pas tous les supporters du PSG dans le même lot, j'ai des amis qui sont supporters du PSG avec qui j'ai bu des bières après les matchs et qui ne sont pas partis casser des voitures ! », a plaidé Alexandre Gilloir ce vendredi 3 avril 2026. Il a justifié la suppression de cette publication en affirmant : « Je l'ai supprimé parce que maintenant, elle est hors contexte et que je n'ai pas envie que ça fasse d'amalgame. »
Des menaces de mort et des commentaires haineux sur X
Le doute s'est accentué avec l'examen de son activité sur le réseau social X. Inscrit depuis 2015 sous le pseudonyme @euskadjill, Alexandre Gilloir a désactivé son compte ce même 3 avril 2026. Ses interventions étaient souvent polémiques, allant jusqu'à menacer des élus de la République.
En novembre 2023, il écrivait : « Mais crève Louis Boyard ! Toi et toutes tes merdes LFI ! ». En juin 2025, à l'occasion de l'arrestation de l'eurodéputée Rima Hassan par Israël, il commentait : « Reste là-bas, meurt là-bas, on s'en fout, pendant ce temps tu pollues pas notre France avec des discours nauséabonds. » Trois mois plus tard, à propos d'une flottille pour Gaza, il ajoutait : « Je vous souhaite de couler en mer et d'être dévoré par les poissons plutôt que d'aller en prison pour longtemps… »
Alexandre Gilloir a reconnu s'être « éloigné des réseaux sociaux » ces derniers mois et exprime des regrets : « J'ai réagi et répondu à chaud. Avec l'énervement du moment, je m'étais peut-être laissé emporter. » Il a également évoqué les violences policières en qualifiant les blessures de manifestants de « sélection naturelle ».
Un adjoint également impliqué dans la controverse
Jean-Guy Renon, nouvel adjoint au maire d'Ondres chargé de l'urbanisme et de la voirie, est aussi concerné par des publications polémiques. En mai 2025, sur Facebook, il commentait un reportage de « La Montagne » sur l'accueil de demandeurs d'asile en Corrèze : « Ils n'ont rien à faire dans notre pays, nous n'avons plus les moyens d'accueillir la terre entière […] Nous n'avons pas besoin de main-d'œuvre extérieure. »
Jean-Guy Renon se défend de tout racisme, invoquant son parcours professionnel de vingt-cinq ans à l'étranger, notamment à Madagascar et en Afrique. Il affirme avoir « mal exprimé sa pensée ».
La réaction ferme du maire Patrick de Casanove
Le maire d'Ondres, Patrick de Casanove, a condamné avec fermeté les publications d'Alexandre Gilloir et de Jean-Guy Renon. Concernant le « jeu des sept différences », il l'a qualifié de « de l'humour idiot » et a rappelé que « toute personne est égale en dignité ».
Il a également dénoncé les propos de son adjoint : « Actuellement, en France, il y a une main-d'œuvre extérieure dont on ne peut pas se passer. Et quand on voit les conditions dans lesquelles notre pays les accueille, on ne peut que constater que la dignité des personnes qui arrivent en France n'est pas toujours respectée. »
Alexandre Gilloir, qui a été mis au service de la protection de Marine Le Pen, réfute toute appartenance au Rassemblement national ou à d'autres formations politiques. Il affirme : « J'ai mes idées personnelles, mais étant donné que je suis policier, je les garde pour moi. » Jean-Guy Renon, de son côté, insiste sur l'apolitisme de leur action municipale : « Qui est plus de gauche que de droite, que ci ou ça, on n'en parle pas. C'est clair depuis le début : on bosse pour la municipalité. »



