Trèves, une commune gardoise au bord de la tutelle préfectorale
Dans le Gard, la petite commune de Trèves se trouve dans une situation critique à l'approche des élections municipales de 2026. Le maire sortant, Régis Valgalier, n'a pas réussi à monter une liste complète et paritaire, comme l'exige désormais la loi. Sauf retournement de dernière minute ce jeudi, date limite de dépôt, la municipalité sera placée sous tutelle par le préfet.
Un maire en quête désespérée de candidats
Régis Valgalier tourne en rond dans sa mairie, espérant convaincre quelques habitants de se joindre à sa liste. La commune, officiellement peuplée de 125 personnes selon l'Insee – bien que le maire en compte 137, voire 300 en été – doit présenter une liste de 9 à 11 candidats. "Parmi les sortants, on est 4 à repartir et j'ai convaincu 3 autres personnes. Il m'en manque 2. Et je ne veux pas prendre des gens pour faire tapisserie !", explique-t-il, frustré par cette obligation nouvelle qui complique la vie politique en milieu rural.
Une commune au cœur d'un patrimoine exceptionnel
Trèves est située dans les Causses et Cévennes, classés au patrimoine mondial de l'Unesco. Cette commune de moyenne montagne, plus proche de Millau que de Nîmes, attire par ses paysages et ses activités comme le trail du Trévézel, qui rassemble plus de 200 coureurs chaque printemps. Des nouveaux arrivants, comme Mathieu Monneret, jeune papa installé depuis un an, témoignent de l'attractivité du village. Pourtant, malgré ces atouts, la mobilisation politique reste faible.
La course contre la montre avant la tutelle
Mercredi, Régis Valgalier a annoncé à la sous-préfecture du Vigan qu'il ne déposerait pas de liste. "La sous-préfecture m'appelle, ça les inquiète", confie-t-il. Sans liste valide, une délégation spéciale nommée par le préfet du Gard prendra en charge la commune pour organiser de nouvelles élections. Si aucune candidature n'émerge, Trèves pourrait être rattachée de force à une commune voisine, une perspective que le maire qualifie de "très grave".
Les défis de la ruralité profonde
Régis Valgalier, qui achève deux mandats, déplore les contraintes imposées par la loi sur la parité et les listes complètes. "Ici, c'est la ruralité profonde ! Avant, c'était un peu folklo, mais on avait un conseil. Maintenant, c'est le problème." Il souligne aussi les liens forts tissés avec les autres maires de la communauté de communes, mais ces efforts n'ont pas suffi à éviter la crise actuelle. Son voisin, le maire de Lanuéjols, lui avait conseillé de privilégier la recherche de colistiers, mais en vain.
La situation de Trèves illustre les difficultés des petites communes à s'adapter aux nouvelles règles électorales, mettant en lumière les tensions entre démocratie locale et obligations légales.



