Ahetze : recours déposé après une élection municipale serrée à quatre voix
Recours après élection municipale serrée à Ahetze

Une élection municipale à l'issue extrêmement serrée à Ahetze

La commune d'Ahetze a vécu un scrutin particulièrement tendu lors du premier tour des élections municipales du dimanche 15 mars, où la liste Ahetzen, conduite par l'ancien maire Ramuntxo Labat-Aramendy, a été battue de seulement quatre voix (586 à 582) par la liste Ahetze Zuekin. Cette infime différence a conduit l'équipe Ahetzen à déposer un recours auprès du tribunal administratif de Pau le vendredi 20 mars, contestant la régularité de la campagne.

Un tract au cœur de la polémique

Le recours se concentre sur un tract de deux pages diffusé par Ahetze Zuekin le mercredi 11 mars, à quelques jours seulement du vote. Ce document, distribué dans les boîtes aux lettres et sur les réseaux sociaux, critiquait vivement la gestion financière de l'équipe Ahetzen, en poste depuis janvier 2025. Il accusait notamment la majorité sortante d'avoir « vidé en un seul exercice l'épargne accumulée pendant de nombreuses années », dépeignant une « équipe démobilisée » et un maire « isolé, gouvernant seul, dans un rôle de pompier pyromane ».

Le tract reprochait également « l'absence de transparence » de la municipalité, évoquant un cas spécifique où un membre d'Ahetzen, M. Capendeguy, aurait accordé une autorisation d'urbanisme à titre personnel au maire sans respecter les procédures réglementaires. L'équipe Ahetzen a répliqué deux jours plus tard, qualifiant ces accusations d'« ignominie » et présentant des chiffres financiers moins alarmants, justifiant la baisse des réserves par « l'absence d'engagement de projets en 2024 » et le lancement d'investissements importants en 2025, comme la rénovation de l'école.

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Les arguments du recours déposé

Ramuntxo Labat-Aramendy explique que le recours a été déposé parce que « les règles du jeu n'ont pas toutes été respectées », altérant selon lui « la sincérité du vote ». S'il admet que les critiques sur la gestion financière font partie du jeu démocratique, il dénonce fermement les « diffamations » portées contre Santiago Capendeguy et lui-même, ainsi que les accusations de rétention d'informations. « Lorsqu'on prétend qu'on a modifié des données, alors que c'est impossible, ou qu'on ne veut pas les communiquer volontairement, c'est assez grave ! », affirme-t-il.

Le recours évoque également un incident lors du dépouillement, où une différence d'une voix a été constatée entre le nombre d'émargements et de votants. Ramuntxo Goyhetche, de la liste Ahetze Zuekin, souligne que cette erreur est « assez courante » et s'étonne qu'elle nourrisse la procédure, « puisque c'est Monsieur Labat-Aramendy lui-même qui présidait le dépouillement ». L'ancien maire confirme l'incident mais précise qu'il ne constitue pas l'objet principal du recours, lequel se focalise sur le tract et son timing.

La question de la légalité du tract

La campagne électorale s'achève officiellement le vendredi à minuit précédant le scrutin. Cependant, même si une action est menée avant cette date limite, elle peut être jugée irrégulière si sa diffusion tardive empêche l'adversaire de répondre efficacement. C'est exactement ce qu'invoque Ramuntxo Labat-Aramendy, qui assure avoir été « pris de court » et avoir dû réagir dans l'urgence. De son côté, Ramuntxo Goyhetche défend le tract comme une nécessité pour informer les électeurs, arguant que son équipe demandait la diffusion de ces informations « depuis de longues semaines ».

Les prochaines étapes de la procédure

Informé officiellement du recours le mercredi 25 mars, Ramuntxo Goyhetche dispose de cinq jours, jusqu'au 30 mars, pour formuler sa défense auprès de l'administration. Il affirme que tous les éléments exposés dans le tract sont « fondés ». Le tribunal administratif de Pau devra ensuite se prononcer sur la régularité de ces agissements, en tenant compte du faible écart de voix entre les candidats. Cette procédure pourrait s'étendre sur de longues semaines, voire plusieurs mois. Si le verdict donnait raison à Ramuntxo Labat-Aramendy, de nouvelles élections municipales seraient organisées à Ahetze, prolongeant ainsi l'incertitude politique dans cette commune.

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