Pépinières du Midi : bras de fer judiciaire avec Montpellier
Pépinières du Midi : bras de fer avec Montpellier

La famille Pomier, propriétaire des anciennes Pépinières du Midi, a contesté partiellement la déclaration d'utilité publique (DUP) devant le tribunal administratif de Montpellier le 29 septembre. Le rapporteur public a conclu au rejet de la requête, donnant raison à la collectivité. Le tribunal a mis l'affaire en délibéré.

Un conflit qui dure depuis plus de dix ans

Fermée depuis 2016, l'enseigne emblématique de l'avenue de Toulouse est au cœur d'un face-à-face juridique entre la famille Pomier et la Ville de Montpellier. Le site de plus d'un hectare est à l'abandon depuis dix ans. Mardi 29 septembre, l'affaire a été examinée par le tribunal administratif.

Florent Pomier, venu défendre sa parcelle sans avocat, a précisé son intention : « Je ne demande pas l'annulation totale de la DUP mais partielle. » Il ne conteste pas le projet de transformation de l'entrée de ville ni l'ouverture du parc Montcalm sur l'avenue de Toulouse. En revanche, il refuse de céder ses terrains, détenus avec sa fratrie, dans le cadre de l'expropriation. Son objectif : récupérer la maîtrise de moins de 2 000 m² de l'ancienne pépinière pour les vendre à un promoteur privé, avec une meilleure rémunération.

Le projet de la collectivité et la position du rapporteur public

Pour la collectivité, représentée par Me Maxime Rosier, il ne s'agit pas de récupérer des terrains pour les revendre. Le projet forme un tout : ouvrir le parc Montcalm, faire disparaître le front bâti de l'avenue de Toulouse, désimperméabiliser et renaturer une partie du site, créer une continuité paysagère avec le parc et le Lantissargues, et accueillir des logements et des activités liées aux industries culturelles et créatives. Me Rosier a balayé l'accusation d'« expropriation pour revendre », rappelant que l'opération prévoit des aménagements publics et une intégration dans un projet urbain d'ensemble.

Le rapporteur public, Valentin Raguin, a considéré que les Pomier ne démontraient pas leur capacité à porter leur propre projet. Il a conclu au rejet de la requête, rejoignant l'argumentaire de la collectivité : l'enjeu ne se limite pas aux mètres carrés constructibles de l'ancienne pépinière mais à l'ensemble du puzzle.

Attachement au « berceau familial » et projet urbain

Lors de l'enquête publique de novembre 2023, plusieurs propriétaires avaient fait part de leur attachement à ce « berceau familial ». Le commissaire enquêteur avait rendu un avis favorable à l'utilité publique comme à la cessibilité, tout en appelant à une attention particulière sur l'évaluation des biens.

Le projet dépasse largement les seules anciennes Pépinières du Midi. Ces 1,3 hectare de foncier stratégique doivent permettre de prolonger la transformation de l'ancienne EAI en Cité Créative et d'ouvrir davantage le parc Montcalm sur la ville. La collectivité veut faire disparaître le front bâti qui masque le parc et transformer l'entrée de ville en boulevard plus vert. Les bâtiments doivent être démolis, les sols désimperméabilisés et la partie proche du parc et du Lantissargues renaturée. Objectif : créer une continuité verte avec les 23 hectares de Montcalm et augmenter les espaces accessibles au public. Le reste doit accueillir un programme mêlant logements et activités liées aux industries culturelles et créatives.

Le projet avait été un enjeu de la campagne municipale de mars 2026 de Michaël Delafosse, avec la promesse d'une avenue de Toulouse transformée en « entrée de ville plus verte ». Une première étape est visible avec le nouveau parvis du parc, inauguré en mai 2026. Le tribunal administratif de Montpellier a mis l'affaire en délibéré, laissant à la famille Pomier une dernière chance de faire dérailler, au moins sur ses terrains, un projet qui avance ailleurs à grands pas.