Bordeaux : la permanence de LFI vandalisée après la mort d'un militant identitaire à Lyon
En cette mi-février, la permanence électorale de Nordine Raymond, candidat La France insoumise aux élections municipales à Bordeaux, a été la cible d'actes de vandalisme. Située près de l'église Sainte-Eulalie, le local présente désormais deux grands panneaux OSB barrant sa vitrine et sa porte, une dégradation survenue dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 février, notamment à l'aide d'un pavé.
Un contexte politique tendu
Cet incident s'inscrit dans un climat de fortes tensions suite à la mort du jeune Quentin, un militant identitaire pris à partie et roué de coups par un groupe d'ultra-gauche, en marge d'une conférence donnée à Lyon par l'eurodéputée LFI Rima Hassan. Nordine Raymond avait initialement choisi de ne pas communiquer sur le vandalisme, par respect pour la solennité du moment et la gravité de la mort du jeune homme.
Cependant, face aux allusions de Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, évoquant « des dizaines de locaux de la France insoumise vandalisés » et un premier article de Rue 89 Bordeaux, le candidat a finalement pris la parole. Il a tenu à clarifier que « notre service d'ordre n'est pas impliqué » dans les événements lyonnais, tout en reconnaissant que les circonstances restent floues.
Condamnation de la violence et distinctions idéologiques
Nordine Raymond réagit avec fermeté : « Qu'on ne nous mette pas sur le dos ce qu'on n'a pas commis. Les violences, on doit les condamner de toutes parts ». Il établit toutefois une distinction intellectuelle entre les groupes fascistes et antifascistes, précisant : « On est en désaccord avec les antifas sur les méthodes, pas sur le fond ».
Cette position de condamnation de la violence vaut à LFI des reproches dans les milieux antifascistes, illustrant les divisions au sein de la gauche radicale face à la montée des tensions.
Graffitis vengeurs et répliques symboliques
Durant le week-end, deux séries de graffitis ont été découvertes à Bordeaux, reflétant l'ampleur des répercussions locales :
- Sur un mur de la rue Goya, à quelques centaines de mètres du lycée Camille-Jullian, on pouvait lire « Justice pour Quentin », avec le prénom raturé.
- À l'entrée du lycée Camille-Jullian, un graffiti inclusif proclamait « Un.e antifa = une balle », phrase à laquelle a été ajouté « de jonglage » en réponse, ainsi que « Justice pour Quentin », où le prénom a été barré et remplacé par « Adama » et « Aramburu ».
Ces inscriptions, accompagnées de croix celtiques retravaillées en « A » pour anarchie, témoignent des affrontements symboliques et idéologiques qui se jouent dans l'espace public, bien au-delà des simples dégradations matérielles.
Cet épisode souligne la polarisation croissante du débat politique en France, où les actes de vandalisme et les messages vengeurs se multiplient, alimentant un cycle de violence et de méfiance entre différents courants politiques.



