Municipales 2026 à Nîmes : l'union de la gauche sans LFI, une stratégie nationale selon Chloé Ridel
Alors que Vincent Bouget est sorti en tête du sondage Ifop/Midi Libre pour les municipales de 2026 à Nîmes, la dynamique de sa liste interroge. Rencontre avec Chloé Ridel, députée européenne, et Pierre Jaumain, patron du Parti socialiste du Gard, pour décrypter cette progression significative de la gauche.
Un engagement territorial fort
Chloé Ridel, bien que députée européenne, a accepté la 22e position sur la liste de Vincent Bouget. « Je suis là pour soutenir la dynamique enclenchée par Vincent et par Nîmes en commun, pas pour chercher un poste », explique-t-elle. Elle insiste sur le programme co-construit avec les habitants, une démarche citoyenne qu'elle juge exemplaire. « Vincent est trop humble pour le dire, mais c'est une dynamique formidable. Et ce qu'on fait ici attire l'attention au niveau national ».
Une stratégie politique assumée
Cette union de la gauche, excluant La France insoumise, est présentée comme une stratégie délibérée. « En tant que membre de la direction nationale du Parti socialiste, je peux confirmer que ce qu'on fait ici avec Vincent à Nîmes, une union de la gauche sans LFI, c'est notre stratégie », affirme Chloé Ridel. Elle voit dans cette alliance une véritable alternative à la droite et à l'extrême droite, capable de réconcilier une ville qu'elle estime « balkanisée ».
Une progression électorale significative
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : la gauche a quasiment doublé son score par rapport à 2020, passant de 15,68% à 30% selon le sondage. Pierre Jaumain attribue cette évolution à « une volonté de faire l'union de la gauche et de considérer que Vincent est le plus légitime pour l'incarner ». Il souligne l'engagement de longue date de Bouget, présenté comme « l'aboutissement de 20 ans de projet pour sa ville ».
Un programme axé sur la jeunesse et la démocratie locale
Face aux critiques d'un programme qui « ne fait pas rêver », Chloé Ridel rétorque : « Je ne crois pas que notre programme ne fasse pas rêver ». Elle met en avant sa construction participative avec les Nîmois et ses priorités :
- Remettre de la démocratie locale
- Favoriser la jeunesse
- Redéployer des politiques de formation
- Investir dans les campus universitaires
« On est une ville qui n'arrive pas à retenir ses jeunes. On les forme, mais ensuite ils s'en vont », déplore-t-elle, appelant à créer « les bonnes conditions de dynamisme économique ».
Un lien fort entre Bruxelles et Nîmes
Chloé Ridel défend son ancrage territorial, avec une permanence parlementaire à Nîmes, une initiative qu'elle présente comme unique. Elle cite plusieurs actions concrètes :
- Soutien à la réautorisation des cépages interdits pour les viticulteurs
- Action pour la sécurité et la base de sécurité civile
- Garantie de la préservation de 7 millions d'euros de fonds européens fléchés sur des projets nîmois
- Lutte au Parlement européen contre l'accord Mercosur
Réponse aux attaques sur le passé communiste
Pierre Jaumain répond vigoureusement aux accusations sur la gestion communiste passée : « C'est un mensonge ». Il rappelle que le Parti communiste est arrivé au pouvoir en 1995 sur une ville « complètement exsangue » et mise sous tutelle après que « M. Bousquet a vidé les caisses ». Il énumère les réalisations de la gauche :
- Redressement complet des comptes publics
- Grands travaux sur la protection contre les inondations
- Piétonnisation de l'esplanade Feuchères
« Ce n'est pas vrai que ce mandat a été un échec », insiste-t-il, balayant les craintes sur la police municipale ou des mesures radicales.
Vincent Bouget, une figure d'expérience et de renouveau
Chloé Ridel défend le candidat : « C'est Vincent et c'est l'équipe qu'il y a derrière. L'addition que nous avons faite, c'est ça qui est nouveau ». Elle souligne son ancrage nîmois – né à Nîmes, parents et enfants nîmois – et son engagement de longue date : « Prendre 15 ou 20 ans pour s'engager pour une ville, ce n'est pas infamant. Au contraire, ça prend du temps ». Pour elle, c'est « l'aboutissement d'un engagement » qui permet de proposer un programme créant de l'engouement.
Cette liste soudée, contrastant avec « cette dissolution des droites », se présente comme une alternative pour une ville qui « ne doit plus être l'otage d'une guerre des clans à droite ». L'enjeu dépasse Nîmes : « On va voir si ça marche à Nîmes. Mais j'ai de moins en moins de doutes là-dessus », conclut Chloé Ridel, confiante dans ce modèle d'union de la gauche.



