Nice : l'alliance discrète d'Éric Ciotti avec le Rassemblement national pour les municipales
Le député niçois et président de l'UDR, Éric Ciotti, candidat à l'élection municipale des 15 et 22 mars prochains à Nice, a dévoilé dimanche la composition de sa liste. Parmi ses 70 colistiers, huit cadres locaux du Rassemblement national figurent en bonne place, bien que leur présence soit présentée avec discrétion.
Une influence potentielle sur le futur exécutif municipal
Sur ces huit candidats issus du RN, six pourraient intégrer le prochain exécutif municipal si Éric Ciotti remportait la mairie. Un récent sondage place le député devant le maire sortant Christian Estrosi (Horizons) au premier tour, renforçant les enjeux de cette alliance.
Benoît Kandel, responsable de la section niçoise du RN et ancien premier adjoint de Christian Estrosi, rappelle l'importance de cette collaboration : « Il ne faut pas oublier que lors des élections européennes de 2024, nous avons fait 32 % à Nice, un Niçois sur trois. » Lui-même occupe une position éligible sur la liste.
Une liste présentée comme « sans étiquette »
Éric Ciotti justifie cette composition en insistant sur le caractère rassembleur de sa démarche : « C'est une liste sans étiquette, qui rassemble des candidats de toutes origines politiques, essentiellement des familles politiques de la droite autour de l'alliance que j'ai fondée entre l'UDR et le RN, mais il y a aussi des gens qui ont appartenu à l'UDI, et Jean-Marc Governatori qui conduisait pour la gauche la liste aux dernières municipales. »
Pourtant, le matériel de campagne du candidat ne mentionne ni l'UDR ni le RN, préférant mettre en avant le slogan « Éric Ciotti, le meilleur est à venir ». Cette stratégie vise à atténuer la visibilité des partis au profit d'une image unifiée.
Absences et soutiens marquants
La liste ne compte pas Jean-Pierre Rivère, président de l'OGC Nice, à qui Éric Ciotti promettait le rôle de premier adjoint. Il s'est retiré après que le camp Estrosi a pointé un risque de conflit d'intérêts. Toutefois, le patron du club de football dirige le comité de soutien du candidat.
Éric Ciotti a dû recourir à la justice pour faire valider sa liste définitive, après que le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de l'enregistrer en raison d'un possible conflit d'intérêts concernant l'ancien président du patronat local, bien placé sur la liste. Le tribunal administratif a estimé que le préfet avait outrepassé ses pouvoirs.
Un contexte politique divisé à gauche
La gauche part divisée avec une liste Écologistes-PS-PCF et une liste LFI, ce qui pourrait donner à ses électeurs un rôle décisif au second tour. Le camp Estrosi, qui espère que la présence du RN aura un effet repoussoir, qualifie régulièrement son adversaire de « candidat de l'extrême droite », cherchant à polariser le débat.
Cette élection municipale à Nice s'annonce donc comme un test crucial pour les alliances politiques locales, avec des enjeux qui dépassent le simple cadre municipal pour toucher à la recomposition de la droite et à l'influence du Rassemblement national dans les territoires.



