Conflit politique à Castillon-Pujols : le maire défait maintient le suspense sur ses motivations
Une élection mouvementée a secoué la Communauté de communes Castillon-Pujols, opposant deux maires aux relations complexes. Patrick Coutarel, maire de Mouliets-et-Villemartin, a présenté sa candidature contre le président sortant Jacques Breillat, maire de Castillon-la-Bataille, lors du scrutin du mercredi 15 avril. Le résultat a été serré, avec 26 voix pour Breillat contre 20 pour Coutarel, laissant un goût amer dans les deux camps.
Une rivalité aux origines troubles
Contacté par nos soins, Patrick Coutarel a refusé de développer les motifs précis de sa candidature, alimentant les interrogations. La situation est d'autant plus intrigante que sa propre première adjointe, Ghislaine Momboucher, occupe une place importante dans l'exécutif de son adversaire. Cette configuration inhabituelle soulève des questions sur la nature de ce duel : s'agit-il d'un simple coup de gueule ou d'une manœuvre politique calculée ?
Les tensions remontent à mai 2025, lorsque Patrick Coutarel, alors premier vice-président de la communauté de communes, a démissionné de ses délégations. Il invoquait des divergences profondes, déclarant « ne plus se reconnaître dans certains projets ». Jacques Breillat avait alors révélé que cette démission faisait suite à « une violente altercation verbale » avec une élue en présence des services publics.
Négociations avortées et recomposition de l'exécutif
Malgré ces tensions, des discussions ont eu lieu avant le scrutin. Jacques Breillat a mené un travail de terrain approfondi, rencontrant tous les maires pour structurer un exécutif représentatif du territoire. Il a intégré de nouveaux membres, dont Serge Maugey (maire de Branne) et Christophe Québec (maire de Rauzan) comme vice-présidents, ainsi que Valérie Saillan-Bolzon (nouvelle maire de Gensac) comme conseillère déléguée.
Le président sortant a même proposé à Patrick Coutarel de réintégrer l'exécutif avec une vice-présidence liée au pôle d'attractivité territorial. « Il m'a rappelé pour me dire qu'il souhaitait être premier vice-président », confie Jacques Breillat. Après consultation de son équipe, il a accepté cette demande, mais Patrick Coutarel a finalement décliné l'offre.
C'est alors que Ghislaine Momboucher, adjointe de Coutarel, a été proposée comme vice-présidente chargée du Centre intercommunal d'action sociale (CIAS). Patrick Coutarel justifie cette décision : « Je trouve normal que la cinquième plus grande commune de la communauté soit représentée » au sein de l'exécutif.
Priorités pour le nouveau mandat
Jacques Breillat, réélu, souhaite désormais dépasser les clivages. « Dans une communauté de communes, les élus travaillent pour le territoire, au-delà des divisions », affirme-t-il. Il maintient la conférence des maires comme instance décisionnelle, assurant que Patrick Coutarel n'est pas exclu des processus de gouvernance.
Les priorités du mandat incluent la petite enfance, les solidarités, le tourisme, l'aménagement du territoire et surtout le développement économique. Ce dernier point est crucial, le territoire étant durement touché par la crise viticole. Thierry Blanc, maire de Cabara et nouveau premier vice-président, sera chargé de la reconversion et de la diversification agricole.
La communauté s'engage aux côtés de la Communauté d'agglomération du Libournais (Cali) pour identifier et promouvoir des filières alternatives à la viticulture, un enjeu vital pour l'économie locale.
La nouvelle équipe en place
Président : Jacques Breillat, maire de Castillon-la-Bataille.
Vice-présidents :
- Thierry Blanc, maire de Cabara
- Liliane Poivert, maire de Saint-Pey-de-Castets
- Bernard Dudon, maire de Pessac-sur-Dordogne
- Ghislaine Momboucher, adjointe au maire de Mouliets-et-Villemartin
- Raymond Viandon, maire de Ruch
- Robert Pocino, maire de Saint-Magne-de-Castillon
- Christophe Québec, maire de Rauzan
- Serge Maugey, maire de Branne
Conseillers communautaires délégués : Valérie Saillan-Bolzon (maire de Gensac), Jean-Claude Ducousso (adjoint au maire de Castillon-la-Bataille), Gérard de Miras (maire de Saint-Michel-de-Montaigne), Thomas Alard (conseiller municipal délégué de Castillon-la-Bataille).



