Municipales 2026 à Cassagnoles : une liste familiale de six membres sur neuf colistiers
Cassagnoles : une liste municipale dominée par une seule famille

Une liste municipale dominée par les liens familiaux à Cassagnoles

Dans la petite commune de Cassagnoles, située à seulement 15 kilomètres d'Alès dans le département du Gard, une situation électorale pour le moins singulière se dessine à l'approche des municipales de 2026. Daniel Schenk, candidat récurrent aux élections municipales, a constitué une liste où les liens familiaux occupent une place prépondérante.

Six membres d'une même famille sur neuf colistiers

Sur les neuf personnes composant la liste "Cassagnoles tout naturellement", pas moins de six appartiennent à la même famille. Daniel Schenk occupe la tête de liste, suivi de sa mère Monique Schenk, âgée de 76 ans, puis de son frère Olivier Schenk, âgé de 57 ans. Ce dernier partage avec Daniel la direction d'une entreprise de transport tout en exerçant une activité agricole.

La liste se poursuit avec trois personnes retraitées sans lien familial avec les Schenk, avant de conclure avec trois autres membres de la famille : Éric (fils d'Olivier), Camille (fille de Daniel) et Luc (second fils d'Olivier). Une configuration qui a nécessité une vérification préalable auprès des autorités compétentes.

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"Quand je suis allé déposer ma liste à la sous-préfecture du Vigan, la personne qui m'a reçu a vérifié que c'était possible. Pour les communes de moins de 500 habitants, ça l'est donc on y va !" explique Daniel Schenk, précisant qu'il n'avait pas eu d'autre choix face aux difficultés rencontrées pour constituer sa liste.

Un candidat habitué des élections municipales

Daniel Schenk n'en est pas à sa première tentative pour conquérir la mairie de Cassagnoles. Il s'était déjà présenté en 2008, puis en 2014 et en 2020 dans ce petit village gardois. Sa motivation principale reste inchangée : représenter une opposition constructive au sein du conseil municipal.

"Mon but c'est d'entrer en force au conseil. D'une élection à l'autre, j'ai un socle de 95 voix à peu près, et je me dis que ces gens qui me suivent, je ne peux pas les décevoir !" confie le candidat, justifiant ainsi sa décision de présenter une liste majoritairement familiale.

Un contexte local marqué par les tensions historiques

La situation électorale à Cassagnoles s'inscrit dans un contexte plus large de rivalités familiales qui traversent la vie politique locale depuis plusieurs décennies. Daniel Schenk n'hésite pas à dénoncer ce qu'il qualifie de "système clanique", évoquant "40 ans de passifs" entre différentes familles influentes du village.

Ces tensions historiques trouvent leur origine dans des désaccords concernant des questions foncières, des refus de permis de construire ayant contrarié divers projets, ainsi que le classement de certaines parcelles en zones naturelles. "On pourrait qualifier ces histoires de querelles de clocher…" reconnaît Daniel Schenk, tout en estimant qu'une certaine "neutralité" prévaut aujourd'hui malgré la bataille électorale en cours.

Le maire sortant face à cette liste familiale

Face à cette liste originale, David Furestier, maire sortant élu en 2020 et candidat à sa propre réélection, représente l'autorité municipale en place. Lui-même issu d'une famille bien implantée dans la commune - il est le gendre de Jacques Layre, maire pendant 34 ans - il reconnaît les tensions passées tout en défendant sa propre approche.

"Pour ma part, j'ai fait le parcours classique, j'ai été président du comité des fêtes, puis membre actif des parents d'élèves, puis conseiller municipal, adjoint et enfin maire en 2020." explique David Furestier, qui met en avant le renouvellement générationnel dans sa propre liste avec l'inclusion d'un jeune de 21 ans.

Le maire sortant, qui a "grandi avec Daniel", exprime cependant une certaine perplexité face à l'intensité des rivalités locales : "Qu'on se batte pour Alès ou Nîmes, je veux bien, mais Cassagnoles ! Être maire d'une commune de cette taille, c'est beaucoup de travail et beaucoup d'ennuis…"

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Une campagne électorale sous le signe des difficultés de recrutement

La difficulté à constituer des listes complètes apparaît comme un problème récurrent dans les petites communes comme Cassagnoles. Daniel Schenk explique avoir rencontré des réticences parmi les potentiels colistiers : "J'ai essayé de trouver d'autres colistiers, mais des gens qui étaient intéressés ont finalement changé d'avis. Ici, c'est un peu 'peur sur la ville', les gens ont peur de faire des vagues face à l'autorité."

Cette situation illustre les défis spécifiques auxquels font face les petites communes rurales lors des échéances électorales, où les réseaux familiaux et les relations personnelles jouent souvent un rôle déterminant dans la constitution des listes candidates.