La présidente de l'Assemblée nationale s'oppose à une enquête parlementaire sur Epstein
La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet s'est fermement prononcée contre la création d'une commission d'enquête parlementaire concernant le volet français de l'affaire Epstein. Selon elle, une telle initiative créerait une confusion des pouvoirs et entrerait en concurrence directe avec l'institution judiciaire, qui doit selon elle être pleinement saisie de ce dossier sensible.
Une position ferme sur la séparation des pouvoirs
Yaël Braun-Pivet a développé sa position lors d'une intervention sur Europe 1 ce mardi 10 février. "La commission d'enquête parlementaire ne doit pas être en concurrence avec la justice", a-t-elle déclaré avec conviction. La présidente de l'Assemblée nationale insiste sur le fait que "il faut que la justice puisse être saisie" pour mener à bien les investigations nécessaires, particulièrement s'il existe des ramifications françaises dans les millions de pages de documents publiées fin janvier par le ministère américain de la Justice concernant Jeffrey Epstein.
Le contexte politique de cette opposition
Cette prise de position intervient alors que La France insoumise (LFI) avait appelé la semaine précédente à la création d'une commission d'enquête parlementaire transpartisane. Les objectifs avancés par LFI étaient multiples :
- Permettre aux victimes, connues ou nouvelles, de témoigner dans un cadre protégé
- Enquêter sur d'éventuelles ingérences dans la vie politique française
- Examiner les possibles financements de partis politiques liés à cette affaire
L'affaire Jack Lang et ses répercussions
Le premier nom à émerger dans le volet français de l'affaire Epstein est celui de l'ancien ministre de la Culture de François Mitterrand, Jack Lang. Ce dernier a démissionné dimanche de la présidence de l'Institut du Monde arabe (IMA) suite à l'ouverture d'une enquête du parquet national financier concernant ses liens d'intérêt financier avec Jeffrey Epstein.
Yaël Braun-Pivet a exprimé son indignation face à ces révélations : "C'est assez terrifiant. Tout en reconnaissant la qualité de l'engagement et l'oeuvre de Jack Lang en tant que ministre, je ne veux plus voir d'hommes et de femmes politiques qui profitent des largesses de personnes privées". Elle a insisté sur le caractère inacceptable de ces pratiques : "Ces hommes et ces femmes politiques qui profitent du jet privé, qui vont se faire payer des vacances, c'est inacceptable".
Les fondements constitutionnels de son opposition
La présidente de l'Assemblée nationale a développé un argumentaire constitutionnel pour justifier son opposition à une commission d'enquête parlementaire. Selon elle, la constitution d'une telle commission "entraînerait de la confusion des pouvoirs", alors que la France est fondée sur une séparation stricte des pouvoirs entre le législatif et la justice. Elle a ajouté : "C'est inadmissible parce que non seulement c'est condamnable moralement, mais vous devenez peu ou prou les obligés des personnes qui vous entretiennent", confiant que cette situation la "choque profondément en tant que femme politique".
Yaël Braun-Pivet maintient ainsi une position claire : la lumière doit être faite sur les éventuelles ramifications françaises de l'affaire Epstein, mais cette investigation doit relever exclusivement de l'autorité judiciaire, garante selon elle de l'impartialité et de l'indépendance nécessaires dans un dossier aussi sensible politiquement et médiatiquement.



