L'opposition métropolitaine lance un appel au rassemblement derrière Cazenave
Dans le paysage électoral bordelais, une opération de vote utile se met en place au sein du centre-droit. Patrick Bobet, porte-parole des maires de l'opposition à Bordeaux Métropole et président du groupe Métropole Commune(s), en est l'un des principaux artisans. Il appelle clairement les électeurs à « faire confiance » à Thomas Cazenave dès le premier tour des municipales, face à la concurrence de l'économiste Philippe Dessertine.
Un sondage qui cristallise les craintes de dispersion
Le dernier sondage Ifop réalisé pour Sud Ouest, LCI et Sud Radio place Thomas Cazenave à 25% des intentions de vote, soit dix points devant Philippe Dessertine qui en recueille 15%. Pierre Hurmic, le maire sortant, arrive en tête avec 33%. « Ce n'est certes qu'un sondage, mais l'écart est important et suffisant pour appeler les électeurs à réfléchir », analyse Patrick Bobet. Pour l'ancien président de Bordeaux Métropole (2019-2020), la dispersion des voix constituerait une erreur stratégique majeure.
« La dispersion serait une erreur », avait d'ailleurs déclaré Thomas Cazenave lui-même, conscient du risque que représente la candidature de Dessertine. Bobet abonde : « Il faut être intelligent ». Il invite donc les électeurs à opter « tout de suite », dès le premier tour, pour Cazenave, sans passer par la case Dessertine.
Le profil de Dessertine : une offre alternative pour les mécontents
Patrick Bobet reconnaît que « le vote pour Philippe Dessertine propose une autre offre » à ce qu'il appelle « les mécontents de droite ». Selon le sondage, un tiers des électeurs Les Républicains en 2020 et 2022 se reporteraient sur l'économiste médiatique, et même 40% des électeurs du Rassemblement National aux dernières municipales. « Certains me disent qu'ils voteront Dessertine au premier tour puis Cazenave au second. Je dis attention », met en garde Bobet.
Le danger identifié serait de « brouiller les pistes » et ainsi priver Thomas Cazenave d'une dynamique suffisante pour l'emporter au second tour. Cette crainte est partagée par d'autres figures de l'opposition.
Hugues Martin rejoint l'appel à l'union
L'ancien député-maire de Bordeaux (2004-2006) et adjoint de Jacques Chaban-Delmas, Hugues Martin, apporte son soutien « sans ambiguïté » à Thomas Cazenave. Il convoque même la figure du général de Gaulle, « l'homme qui a toujours montré le chemin lorsque l'intérêt général primait », pour légitimer son positionnement.
« Deux candidats de droite et du centre briguent la conduite de la Ville, voire de la Métropole », constate Hugues Martin, qui « prêche pour l'union depuis le début de la campagne ». Il invite donc à opter pour Cazenave, désormais « largement en position favorable », et prévient : « Toute autre attitude serait suicidaire et nous ferait perdre. »
Défendre le profil de Cazenave face aux critiques
Patrick Bobet prend également la défense du candidat Thomas Cazenave, dont le profil est parfois critiqué. « Ce n'est pas ce macroniste pur jus dont certains parlent, c'est un gaulliste social, un Bordelais qui travaille et laboure sa ville », affirme-t-il. Il le décrit comme « quelqu'un de qualité, en capacité de gérer la Ville et la Métropole ».
Interrogé sur la possibilité que Cazenave préside la Métropole, Bobet répond sans hésiter : « Totalement. » Cette conviction s'ancre dans un constat partagé par une partie de l'opposition : la lassitude face à « six ans d'immobilisme » et au « forceps en permanence » dans la majorité actuelle PS-Verts.
Bobet se présente ainsi comme le porte-parole de « beaucoup de maires » de la Métropole, soucieux de « siffler la fin de la récré » et de porter un projet alternatif crédible pour Bordeaux et son agglomération.



