Le Premier ministre Sébastien Lecornu a adressé dimanche une « feuille de route » à plusieurs de ses ministres pour répondre à la mobilisation lycéenne, exigeant que les cours reprennent dès lundi « partout » où les conditions de sécurité le permettent. Ce plan fixe un calendrier précis pour traiter une partie des revendications des lycéens, alors que la semaine s’annonce sous haute tension.
Un calendrier serré pour les remplacements d’enseignants
La feuille de route prévoit notamment le lancement dans chaque académie, dès cette semaine, d’un « traitement prioritaire du remplacement des absences longues et des postes non pourvus ». Un premier bilan est attendu le 16 octobre, une échéance qui doit permettre d’évaluer l’efficacité des mesures mises en place.
Le chef du gouvernement a également convoqué une réunion mardi avec les présidents de région consacrée à la rénovation des établissements scolaires. Ce volet vise à répondre aux critiques sur l’état du bâti scolaire, l’un des motifs de la colère des lycéens.
Parcoursup dans le viseur des révisions
Sur le volet de l’orientation, Sébastien Lecornu réclame à ses ministres de premières propositions d’améliorations de Parcoursup d’ici à la fin octobre. Cette plateforme, souvent pointée du doigt par les lycéens pour son stress et ses inégalités, fait l’objet d’une demande de révision ciblée.
Ces annonces interviennent après une semaine marquée par des blocages dans plusieurs centaines d’établissements. Selon le ministère de l’Éducation nationale, 400 à 500 lycées étaient totalement ou « partiellement » fermés lundi dernier, un chiffre qui illustre l’ampleur du mouvement.
Des incidents violents durant les blocages
La mobilisation a également été émaillée d’incidents graves. À Belfort, deux personnes ont été placées en garde à vue après l’agression d’un policier. Soupçonné de cette agression sauvage, un lycéen a porté plainte à son tour contre l’agent pour tentative de meurtre. À Lunel, une adolescente de 16 ans a été brûlée au visage après s’être approchée d’un feu avec une bombe aérosol. Enfin, à Marseille, un adolescent soupçonné d’avoir brûlé le visage d’une dame va être inculpé pour « acte de barbarie ».
Ces faits divers ont contribué à durcir le ton du gouvernement, qui entend reprendre la main. En fixant des échéances claires et en exigeant un retour en classe immédiat, Sébastien Lecornu tente de désamorcer la crise avant une nouvelle semaine de mobilisation annoncée par les syndicats lycéens.