Municipales 2026 à Alès : Un bilan en demi-teinte pour le mandat 2020-2026
À quelques mois des élections municipales de 2026, la ville d'Alès dresse le bilan d'un mandat mouvementé, marqué par un changement de maire en 2025 et une série de projets aux destins variés. De Max Roustan à Christophe Rivenq, l'exécutif a navigué entre réalisations concrètes et promesses non tenues, dans un contexte post-Covid qui, selon le maire sortant, "n'a pas généré beaucoup de retard".
Les transformations urbaines : entre fiertés et délais
La requalification de la Grand-rue Jean-Moulin en "rue jardin" constitue sans conteste la réussite phare de ce mandat. Christophe Rivenq y voit "la transformation complète d'un quartier du cœur de ville". Le pourtour de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste a également bénéficié d'un rafraîchissement notable.
Cependant, les quartiers périphériques connaissent des rythmes de transformation plus lents :
- Démolitions engagées au Faubourg du Soleil dans le cadre de l'ANRU
- Chantiers de réseaux en cours à Rochebelle
- Projet de rénovation lancé à Brouzen en début d'année
Le pôle économique des Prés Saint-Jean avance progressivement, mais le nouveau pont sur le Gardon, évoqué il y a six ans, reste dans les limbes. "Les études vont continuer, mais cela ne dépend pas de nous", concède le maire.
Commerce et économie : des initiatives contrastées
Le mandat a vu l'ouverture du Hup en 2022, un guichet unique pour l'entreprenariat, et la création de la marque territoriale "Sud ingénieux". La foncière de redynamisation du centre-ville, installée fin janvier, vise à accélérer les projets commerciaux.
Pourtant, l'opération "Mon commerce à moi", lancée en 2024 comme pépinière commerciale, semble aujourd'hui en stand-by. En revanche, la modernisation des halles de l'Abbaye, inaugurée en juin dernier, connaît un succès retentissant avec 20 000 visiteurs mensuels, malgré des problèmes persistants de bardage liés à une liquidation judiciaire.
Sécurité : priorité affichée
Dans une ville confrontée au narcotrafic, la sécurité a constitué un axe majeur du mandat. La municipalité met en avant :
- Déploiement de 220 caméras de vidéoprotection sur 230 prévues
- Création d'un nouvel hôtel de police municipale avec centre de supervision urbaine
- Mise en place d'une brigade motorisée
- Recrutement portant les effectifs de 40 à 60 agents armés
La participation à la Maison de Justice et du Droit et la mobilisation pour un tribunal pour enfants complètent ce dispositif, tandis que le maire insiste sur la baisse de la délinquance dans sa ville.
Culture et loisirs : avancées et déceptions
Le mandat s'achève sur l'attente des travaux de modernisation du théâtre Le Cratère et son transfert temporaire à La Prairie. La candidature au label "Capitale française de la culture 2024" s'est soldée par un échec au profit de Montbéliard.
Parmi les réalisations culturelles :
- Création de la nouvelle Maison des jeunes
- Projet de mur d'escalade dans l'ancienne église Saint-Vincent-de-Paul
- Maintien des traditions avec la feria et la Semaine cévenole
Mais l'échec le plus marquant reste l'abandon du projet de salle de spectacle de 3 000 places, un loupé majeur selon les observateurs.
Déplacements : promesses non tenues
Si la vitesse sur la rocade a été abaissée à 50 km/h en 2021, elle n'est pas devenue le boulevard urbain promis avec voies cyclables et transports en commun. Deux projets ferroviaires annoncés en 2020 restent en suspens :
- Le pôle multimodal et la rénovation de la place Pierre-Sémard près de la gare
- La halte ferroviaire des Prés Saint-Jean, liée à la réouverture de la ligne Alès-Bessèges espérée pour 2028
Ces retards s'expliquent en partie par des contraintes externes, notamment la propriété SNCF des terrains concernés.
Alors que la campagne des municipales 2026 s'annonce, ce bilan en 24 points révèle un mandat alésien contrasté, où chaque réalisation semble contrebalancée par un projet reporté, offrant aux électeurs un paysage complexe à décrypter.



