À moins de deux mois du départ de la Route du Rhum, Thomas Ruyant a annoncé ce lundi qu'il ne disputerait pas la transatlantique, renonçant ainsi à défendre son titre. Le skipper nordiste, vainqueur de l'édition 2022, a expliqué sur ses réseaux sociaux n'avoir pas trouvé de partenaire pour financer sa participation. « Nous n'avons pas trouvé la collaboration avec un partenaire qui nous permette d'être à Saint-Malo dans de bonnes conditions », a-t-il écrit.
Un renoncement difficile pour le tenant du titre
« En tant que tenant du titre, j'avais évidemment très envie de revenir », a ajouté Ruyant. « Nous avions beaucoup d'atouts pour écrire une belle histoire : une équipe engagée et talentueuse, un nouveau bateau qui nous a bluffés et montré un potentiel incroyable dès ses premières navigations. En me lançant dans ce projet, je savais que j'étais engagé dans une course contre la montre, notamment avec la construction du nouveau bateau. »
Le marin de 42 ans, spécialiste reconnu des courses transatlantiques (Mini Transat 2009, Route du Rhum 2010 et 2022, Transat AG2R 2018 et Transat Jacques-Vabre 2021 et 2023), cherchait depuis des mois un budget pour couvrir le coût de fonctionnement de son écurie TR Racing. Son Imoca à foils, tout neuf, a été mis à l'eau cet été avant de rejoindre un hangar à Lorient.
Un budget manquant de 2,5 millions d'euros
Pour prendre le départ de la Route du Rhum dans de bonnes conditions, Ruyant avait besoin d'environ 2,5 millions d'euros. À plus long terme, il lui fallait 4 à 5 millions d'euros par an pour préparer le Vendée Globe 2028. Malgré ce revers, le skipper reste combatif : « J'ai une envie immense de naviguer, de courir au large, de gagner. Et surtout de continuer à construire et raconter de belles aventures avec une équipe, un bateau et des partenaires qui partagent cette ambition. L'histoire est loin d'être terminée. »
Un marché du sponsoring sous tension
Ruyant n'est pas un cas isolé dans l'univers de la course au large. Le marché du sponsoring est sous tension et plusieurs marins d'envergure ont vu leurs contrats s'arrêter ces derniers mois ou n'ont pas réussi à lancer leurs projets Vendée Globe. Les navigateurs Armel Tripon et Maxime Sorel, également en Imoca, sont toujours à la recherche de financements pour pouvoir prendre le départ de la prochaine Route du Rhum.



