L'envolée des rémunérations des patrons bancaires français
Slawomir Krupa, directeur général de la Société générale, lors du Forum économique mondial à Davos le 17 janvier 2024. Dans sa sagesse légendaire, Warren Buffett avait déjà souligné que les obligations de transparence concernant les salaires des dirigeants s'étaient souvent révélées contre-productives. Plutôt que de modérer les appétits des plus gourmands, ces règles ont parfois encouragé une surenchère permanente, chaque patron cherchant à dépasser son voisin.
La course aux augmentations dans le secteur bancaire
Cette dynamique de compétition salariale est particulièrement visible dans les banques françaises, où les rémunérations des dirigeants connaissent des hausses spectaculaires. En mai 2025, l'assemblée générale de BNP Paribas avait approuvé une augmentation de 25% du salaire fixe de Jean-Laurent Bonnafé, son directeur général. Cette hausse, effective au 1er janvier 2025, a porté sa rémunération fixe de 1 843 000 euros à 2 300 000 euros annuels.
Il s'agit de la deuxième augmentation significative dont bénéficie Jean-Laurent Bonnafé depuis sa prise de fonction à la tête de la banque en 2011, illustrant une tendance à l'emballement des rémunérations dans le secteur.
La Société générale suit le mouvement
Face à cette situation, pouvait-on laisser Slawomir Krupa, directeur général de la Société générale depuis mai 2023, avec un salaire fixe de « seulement » 1 645 000 euros ? Le conseil d'administration de la banque a répondu par la négative le 25 février dernier, en décidant de lui accorder un substantiel coup de pouce.
Si l'assemblée générale approuve cette décision, le salaire fixe de Slawomir Krupa augmentera de 45%, pour atteindre 2 400 000 euros au 1er janvier 2026. Cette hausse spectaculaire place désormais le dirigeant de la Société générale au-dessus de son homologue de BNP Paribas en termes de rémunération fixe.
Un contexte de restructuration
Cette décision intervient dans un contexte particulier pour la Société générale, qui prévoit par ailleurs la suppression de 1 800 postes en France. Cette juxtaposition entre des réductions d'effectifs importantes et des augmentations salariales massives pour les dirigeants ne manque pas d'interroger sur les priorités stratégiques des établissements bancaires.
Le débat sur la transparence et l'équité des rémunérations dans le secteur financier français semble plus actuel que jamais, alors que les écarts salariaux continuent de se creuser entre les dirigeants et le reste des collaborateurs.



