La Banque centrale russe lance une offensive juridique contre Bruxelles
Dans un contexte de tensions persistantes liées au conflit en Ukraine, la Banque centrale de Russie (BCR) a annoncé, mardi 3 mars 2026, avoir déposé un recours devant le Tribunal de l'Union européenne. Cette action juridique vise à contester le gel de quelque 210 milliards d'euros de ses avoirs par les institutions européennes, une mesure imposée pour une durée indéterminée.
Une violation des principes fondamentaux selon Moscou
Dans un communiqué officiel, la BCR a fermement dénoncé le règlement européen, affirmant qu'il "viole les droits fondamentaux et inaliénables d'accès à la justice, d'inviolabilité de la propriété, ainsi que le principe de l'immunité souveraine des États et de leurs banques centrales". Ce recours, déposé le 27 février, intervient alors que l'UE espère pouvoir utiliser ces fonds gelés pour financer un prêt substantiel à l'Ukraine, estimé à 90 milliards d'euros.
Balazs Ujvari, porte-parole de la Commission européenne, a réagi en déclarant que cette action survient "dans un contexte de multiplication des recours juridiques russes concernant nos mesures de soutien à l'Ukraine". Il a toutefois affirmé la pleine confiance de l'UE dans "la légalité de ce règlement et dans sa compatibilité avec le droit de l'UE".
Contexte géopolitique tendu
Cette offensive juridique russe s'inscrit dans un paysage géopolitique particulièrement complexe :
- Des attaques militaires russes ont causé la mort de six personnes dans l'oblast de Donetsk, avec des frappes ciblant notamment Kramatorsk et Droujkivka
- L'armée russe a lancé 136 drones contre l'Ukraine dans la nuit de lundi à mardi, dont 127 ont été neutralisés par les défenses ukrainiennes
- Des habitants de plusieurs oblasts ukrainiens sont privés d'électricité suite à de nouvelles attaques contre les infrastructures énergétiques
Tensions diplomatiques et énergétiques
Parallèlement à cette bataille juridique, des tensions diplomatiques persistent entre l'Ukraine et certains États membres de l'UE. La Hongrie et la Slovaquie accusent Kiev de traîner les pieds pour rouvrir l'oléoduc Droujba, endommagé en janvier, qui permettait l'approvisionnement en pétrole russe.
En représailles, le premier ministre hongrois Viktor Orban a décidé de bloquer le prêt de 90 milliards d'euros que l'UE souhaite accorder à l'Ukraine. Cette situation a conduit la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à s'entretenir avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour discuter de sécurité énergétique.
Perspectives incertaines
Le recours de la Banque centrale russe représente un nouveau front dans la guerre économique qui accompagne le conflit militaire en Ukraine. Alors que l'UE maintient sa position ferme sur les sanctions, Moscou utilise désormais les voies juridiques pour tenter de récupérer ses avoirs gelés. Cette bataille judiciaire pourrait s'avérer longue et complexe, avec des implications significatives pour les relations économiques internationales et le financement de la reconstruction ukrainienne.
Dans ce contexte, Volodymyr Zelensky a également exprimé ses préoccupations concernant un possible manque de munitions pour les systèmes de défense aérienne ukrainiens, cruciales pour contrer les frappes russes, notamment en cas de prolongation des conflits au Moyen-Orient.



