Au cœur du Beaujolais, le château de La Chaize, réplique Grand Siècle de Versailles, a introduit des robots autonomes dans ses vignes. Naëlle, une opératrice, supervise Bakus, un robot enjambeur électrique autonome, pour désherber le vignoble. « C’est beaucoup moins fatigant que de travailler sur un tracteur », confie-t-elle, soulignant un changement notable dans les conditions de travail.
L’alliance du patrimoine et de la technologie
À Odenas, le contraste des époques est frappant dès le portail franchi. La majestueuse demeure classée du XVIIe siècle, qui célèbre ses 350 ans cette année, a été bâtie sur les plans de Jules Hardouin-Mansart, avec un jardin à la française élaboré par André Le Nôtre. L’architecte et le jardinier de Versailles ont œuvré pour Jean-François de La Chaize d’Aix, frère du célèbre père Lachaise, confesseur du Roi-Soleil. Ce monument historique n’est pas seulement un vestige : sur l’immense pelouse, un robot tondeuse autonome s’active, premier indice d’un domaine où patrimoine et technologie font alliance.
Un redressement spectaculaire depuis 2017
Ce bijou du classicisme était exsangue, miné par des décennies de sous-investissement et par la crise des vins du Beaujolais. Il a été repris en 2017 par Christophe Gruy, entrepreneur lyonnais fortuné à la tête du groupe Maïa (infrastructures, énergie, immobilier). Près de dix ans après cette reprise, le domaine a retrouvé une nouvelle dynamique, alliant modernisation et respect du patrimoine.
Les engins numérisés dernier cri glissent sans bruit entre les parcelles, illustrant une tendance croissante dans la viticulture française. Bakus, le robot enjambeur, est un exemple de cette évolution, permettant un désherbage précis et autonome. Cette technologie séduit par son efficacité et par le confort qu’elle offre aux opérateurs, qui n’ont plus à subir les secousses et la pénibilité d’un tracteur.
Un impact concret sur le travail et l’avenir du domaine
L’introduction de ces robots a un impact direct sur le quotidien des équipes. Naëlle, qui supervise Bakus, témoigne de cette amélioration. Le travail de désherbage, autrefois long et fatigant, est désormais plus aisé, même s’il requiert une surveillance attentive. Cette modernisation s’inscrit dans une stratégie plus large de redynamisation du domaine, qui mise sur l’innovation pour préserver son patrimoine et ses vignes.
Le château de La Chaize, avec ses 350 ans d’histoire, incarne ainsi une viticulture tournée vers l’avenir, où la technologie vient renforcer un héritage exceptionnel. Les prochaines étapes pourraient voir d’autres tâches confiées à des robots, poursuivant cette alliance entre tradition et modernité.