Dans son nouvel ouvrage Superteams : The Science and Secrets of High-Performing Teams (Simon & Schuster, non traduit), Ron Friedman, docteur en psychologie et spécialiste de la motivation, livre une analyse approfondie de ce qui distingue les équipes très performantes des autres. Fort de l'étude de milliers de collectifs, il affirme que la plupart des entreprises ignorent ce que leurs meilleures équipes font différemment, et que ces dernières ne savent pas toujours elles-mêmes ce qui est à l'origine de leur réussite.
Performance individuelle et collective : des critères distincts
Le premier enseignement de Ron Friedman est que la performance individuelle et la performance collective ne répondent pas aux mêmes critères. Cette distinction fondamentale est souvent négligée dans les organisations, qui tendent à appliquer les mêmes méthodes d'évaluation et de management aux individus et aux équipes. Or, selon le psychologue, les mécanismes qui sous-tendent l'excellence individuelle ne se transposent pas directement au niveau collectif.
Le deuxième point clé de son analyse est que les performances exceptionnelles ne reposent pas uniquement sur le talent de chacun. Friedman insiste sur le fait que des équipes composées de membres très talentueux peuvent échouer si les conditions de travail ne sont pas adaptées. À l'inverse, des équipes aux profils plus modestes peuvent atteindre des sommets grâce à des systèmes de travail intelligents.
Des systèmes de travail intelligents comme levier de réussite
L'auteur met en avant la nécessité de mettre en place des systèmes de travail intelligents pour favoriser la performance collective. Ces systèmes incluent des processus clairs, une communication efficace, une répartition des rôles optimisée et une culture d'équipe saine. Friedman souligne que ces éléments sont souvent négligés au profit de la seule recherche de talents individuels.
Son ouvrage, salué par le Wall Street Journal et le psychologue organisationnel Adam Grant, regorge d'enseignements pratiques. Il propose des pistes concrètes pour aider les entreprises à identifier ce que leurs meilleures équipes font différemment et à reproduire ces pratiques à plus grande échelle. L'objectif est de transformer l'intuition en méthode, et la réussite individuelle en réussite collective durable.
Un impact potentiel sur les pratiques managériales
Les conclusions de Ron Friedman pourraient avoir un impact significatif sur les pratiques managériales. En déplaçant l'attention du talent individuel vers les systèmes de travail, les entreprises pourraient améliorer la performance de l'ensemble de leurs équipes, et non seulement de quelques-unes. Cette approche remet en question les modèles de management traditionnels et invite à repenser la manière dont les organisations structurent leurs équipes et évaluent leurs résultats.
Le livre, bien que non traduit en français, est déjà considéré comme une référence dans le domaine de la psychologie organisationnelle. Il offre aux dirigeants et aux managers une boîte à outils pour comprendre et optimiser la dynamique de leurs équipes, en s'appuyant sur des données scientifiques solides et des exemples concrets.