La commune de Pourrières, près de Saint-Maximin, a été placée en juillet 2026 sur le réseau d'alerte de la Chambre régionale des comptes (CRC) en raison de sa situation financière. La nouvelle équipe dirigeante, menée par la maire Ninuwé Descamps, doit appliquer une cure d'austérité pour redresser les comptes.
Une situation financière critique révélée par la CRC
« Nous ne sommes pas étonnés. Lorsque nous étions dans l'opposition, nous ne cessions d'alerter la majorité sur le manque de capacité d'autofinancement et des charges trop importantes », explique lundi 28 septembre 2026 Ninuwé Descamps. Aux affaires depuis mars dernier, la première magistrate n'a d'autre choix que d'appliquer une cure d'austérité. Les conclusions du rapport de la CRC sur les années 2019-2024 étaient mauvaises, et le placement sur le réseau d'alerte était « tout à fait logique » selon elle.
De 2000 à mars 2026, le maire de Pourrières était Sébastien Bourlin. « Nous avons alors été convoqués par la préfecture, la sous-préfecture et les finances publiques pour nous informer de cette décision », se souvient l'élue. « C'est un dispositif qui permet d'alerter les municipalités en difficultés financières afin que celles-ci puissent rectifier le tir et éviter le placement sous la tutelle de la préfecture du Var. Nous avons frôlé la catastrophe. »
Une marge de manœuvre trop fine
« Pour l'heure, nous avons une capacité d'autofinancement nette de 72 000 euros. C'est trop peu. Nous n'avons pas les moyens de payer la part communale des projets, même s'ils sont subventionnés par d'autres collectivités », dépeint l'édile. « Il y a le chapitre 12 du budget de fonctionnement, à savoir la charge de personnel bien trop élevée par rapport aux revenus de la commune. »
Résultat, ce sont tous les projets de la municipalité qui sont mis en danger. « Les travaux de voiries, absolument nécessaires, que nous prévoyons pourront-ils être effectués dans ces conditions ? », s'interroge-t-elle. « Il y a aussi les travaux du Bar du Var, lesquels demandent une enveloppe de 1,2 million d'euros hors taxe. » Le tout, dans un contexte d'augmentation des charges : « Les frais d'assurance vont probablement passer de 30 000 à 100 000 euros pour Pourrières, et nous allons devoir dépenser des frais supplémentaires en 2027 dans le cadre du recensement de la commune mais aussi de la tenue de l'élection présidentielle. »
Une feuille de route pour redresser les finances
« Comme nous étions conscients dès notre élection de la situation financière de la commune, nous avions d'ores et déjà imaginé une feuille de route pour redresser les comptes », rapporte Ninuwé Descamps. « La réunion de travail avec les services de l'État a permis d'enrichir les pistes à explorer. » La maire de Pourrières se lance alors dans un inventaire des mesures qui ont été prises ou seront prises pour réduire les dépenses et augmenter les recettes.
« Nous avons déjà deux adjoints au maire en moins, et nous avons baissé les indemnités des élus. Ce qui représente une économie de près de 10 000 euros sur une année pleine », débute-t-elle. « Nous avons supprimé un poste de collaborateur de cabinet : une somme substantielle économisée. Un agent est responsable de chasser les dépenses inutiles : location de photocopieurs, abonnements Internet et téléphoniques afin de supprimer les dépenses obsolètes et optimiser les nécessaires. »
Sur le plan structurel, la maire pousse le curseur encore plus loin. « Les départs à la retraite ne seront pas remplacés, ce qui en représente trois en 2026 et deux en 2028. » Il est espéré une amélioration de la situation dès cette année en dépensant 2 292 000 euros au lieu des 3,5 millions d'euros inscrits au budget primitif. Toujours sur le plan des économies : « Mon prédécesseur était gourmand en conseil d'avocat avec 84 000 euros inscrits au budget. Au premier septembre, nous en étions à 36 000 euros dépensés. Nous allons limiter ces frais », ajoute-t-elle.
De nouvelles recettes à trouver
Afin de redresser les comptes de la commune, la maire et son équipe ont exploré de nombreuses pistes. « Nous avons demandé à la direction des finances publiques de procéder aux régularisations des structures de conforts sur la taxe foncière, notamment les piscines non déclarées », annonce-t-elle. 78 000 euros supplémentaires espérés. La municipalité a mis en place la taxe sur les logements vacants à hauteur de 30 %, ainsi que l'instauration d'amende administrative pour les dépôts sauvages dont les auteurs sont identifiés.
Autre nouvelle recette qui sera instaurée de manière pérenne, les arrêtés municipaux seront désormais tarifés : « 10 euros par acte et un forfait pour les entreprises. » Sont prévus aussi l'augmentation des droits de place sur les marchés jusqu'alors à un euro le mètre linéaire, et le doublement du prix des licences IV accordées aux bars ou brasseries, de 50 à 100 euros. L'installation d'une grue sera également soumise à des droits d'occupation du domaine public.
Dernière mesure, et pas des moindres : « Nous allons mettre fin au 90 % d'exonération de la taxe foncière pour les nouveaux habitants pendant deux ans. Elle sera désormais de 40 % », lance Ninuwé Descamps. « Si tout se passe comme prévu, nous ne serons plus dans ce réseau d'alerte d'ici un an. » Le rendez-vous est pris.