La société chargée de la distribution d'eau potable à La Seyne, La Seynoise des eaux, affiche des pertes cumulées de 1,79 million d'euros. Face à cette situation financière alarmante, la majorité municipale a décidé de tirer la sonnette d'alarme et de préparer un plan d'urgence.
Une dérive financière inquiétante
Henri Gabriele, nouveau président de la société d'économie mixte à opération unique (Semop), a découvert l'ampleur des dégâts en consultant les comptes. « Je suis tombé des nues », confie-t-il. Alors que la Semop affichait 192 000 euros de bénéfice en 2021, le résultat a chuté à 7 000 euros en 2022, avant de plonger dans le rouge : 497 000 euros de perte en 2023, 597 000 en 2024 et 697 000 en 2025. Le chiffre d'affaires est pourtant resté stable, entre 8 et 9 millions d'euros par an.
« Actuellement, le déficit cumulé atteint 1,79 million ! Et cela provient essentiellement des impayés, qui se montent à 2,9 millions d'euros. C'est une catastrophe. Mais ce n'est pas un accident ; c'est le résultat d'années de gestion défaillante », dénonce l'élu.
Des administrateurs pointés du doigt
Henri Gabriele s'étonne que les précédents administrateurs n'aient pas réagi : « Il n'y a rien dans les comptes-rendus faisant état de demandes ou de questions de leur part sur la dégradation de la situation ». Il estime qu'il y a eu « une absence manifeste de contrôle ».
Christine Sinquin, ancienne administratrice sous la précédente mandature, réfute ces accusations. « Il est faux de dire qu'on n'a rien fait », affirme-t-elle. Elle rappelle que Suez, l'opérateur privé, a proposé d'augmenter la part de la Métropole TPM dans le capital pour injecter des fonds, mais sans suite. L'entreprise a également engagé des recherches de fuites, permettant d'atteindre un rendement de 86 % de l'eau distribuée.
« Les propositions étaient insuffisantes compte tenu du prix de l'eau convenu dans le contrat – un prix très bas comparé à beaucoup de collectivités territoriales », concède-t-elle. Quant au rôle des administrateurs seynois, « ils n'ont ni le pouvoir financier ni les moyens techniques de gestion, qui relèvent de Suez et de TPM ».
Un plan de redressement en urgence
Le nouveau président prépare un plan de redressement comprenant un audit des impayés, un plan de recouvrement renforcé, une réduction des pertes d'exploitation et la mise en place d'un tableau de bord avec reporting trimestriel. « On ne peut ni couper l'eau ni restreindre la fourniture aux abonnés qui ne paient pas. Il faut donc mettre les bouchées doubles pour faire rentrer les créances », explique-t-il.
Une recapitalisation de la Semop pourrait être envisagée avant l'échéance du contrat en 2029. « Il nous reste trois ans pour rattraper tout ça », conclut Henri Gabriele.
Christine Sinquin suggère pour sa part qu'il faudra « revoir certaines choses dans la nouvelle convention à venir », ce qui pourrait signifier une augmentation du prix de l'eau.



