Pêcheurs de Cannes : blocage du Vieux-Port contre le carburant et la VMS
Pêcheurs de Cannes : blocage du Vieux-Port ce lundi

Une quinzaine de pêcheurs cannois ont bloqué les entrées et sorties du Vieux-Port de Cannes, ce lundi 21 septembre 2026, de 7h30 à 13h30, empêchant tout mouvement des plaisanciers, à l'exception des secours. Ils protestent contre la hausse du prix du carburant, l'obligation d'emporter une balise VMS et les lourdeurs administratives.

Un mouvement de colère contre la hausse du carburant et la balise VMS

Sur l'une de leurs affiches, on pouvait lire : « La mer nous nourrit, l'Etat nous détruit ». Jessy, pêcheur cannois de 32 ans, explique : « Qu'on nous laisse travailler. On veut simplement travailler librement, on ne veut pas être matrixé, fliqué. » Il dénonce l'augmentation du prix du carburant, passé en quelques mois de 1 à 1,39 euro le litre, ainsi que l'arrêté du 24 février 2026 qui impose aux navires de pêche professionnelle de moins de 12 mètres d'emporter une balise VMS (Vessel Monitoring System).

Thomas Delerue, pêcheur à Cannes depuis cinq ans, ajoute : « Cette VMS va nous fliquer alors que nous travaillons à la vue de tous, c'est incompréhensible. Il n'y a aucune utilité à avoir la VMS pour nos petits métiers, d'autant plus que son achat coûte environ 1 000 euros, avec un abonnement qui tourne autour de 1 200 euros par an… C'est ça en plus que l'on ajoute aux pêcheurs. On est déjà passés de 200 à 25 pêcheurs en un peu plus de 50 ans. Nous sommes pris à la gorge. »

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Des mesures gouvernementales jugées insuffisantes

Face à ces difficultés, la ministre de la Pêche Catherine Chabaud a proposé des aides indexées sur « la variation des cours des carburants » et évoqué la possibilité de prêts à taux zéro. Mais ces mesures ne convainquent pas Baba, un autre pêcheur : « Pour nous, ce n'est pas une perspective, c'est de la poudre aux yeux. Cette aide, c'est comme donner une sucette à un enfant. On ne pourra pas s'en sortir ainsi. »

Baba dénonce également les lourdeurs administratives : « Il faut que l'on remplisse des formulaires Cerfa à tout va, pour tout et pour rien. On ne peut pas les remplir et être en mer travailler. Les petits métiers ne demandent pas l'aumône, ils demandent juste de voir plus loin, de se projeter dans l'avenir. »

La reconnaissance d'un statut de « petit pêcheur artisanal »

Les pêcheurs réclament la reconnaissance d'un statut de « petit pêcheur artisanal ». Baba insiste : « S'il y a des prud'homies en Méditerranée, ce n'est pas pour rien. Elles sont capables de gérer elles-mêmes leurs bassins. Chaque prud'homie a ses spécificités techniques de travail. Ici, à Cannes, on ne travaille pas comme dans les autres prud'homies : la nature et le relief des fonds ne sont pas les mêmes qu'à 200 kilomètres. On ne peut pas inventer une réglementation nationale. »

Le mouvement a également perturbé les navettes maritimes reliant le continent aux îles, ainsi que les bateaux des régates royales qui devaient se produire dès le matin.

Le soutien d'autres professionnels de la mer

François Ollier, gérant de la société Hyris, qui exploite une station de services maritimes sur le Vieux-Port, comprend la colère : « Ce mouvement est naturel au regard de l'augmentation des prix des carburants, qui pénalise certaines activités, dont la pêche professionnelle. Les pêcheurs sortent de moins en moins et sont obligés d'optimiser, donc forcément, leurs activités sont impactées. » Il souhaite que les prix deviennent « plus raisonnables ».

Robin Graveline, capitaine de l'Archipel de Lérins, la navette maritime de Riviera Lines, partage ce constat : « Entre les décisions prises dans les bureaux et la réalité en mer, il y a une grande différence. Nous comprenons le mouvement des pêcheurs. Et si nous ne pouvons pas travailler, nous savons ce qu'ils endurent. »

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