Opio, petite commune de l'arrière-pays niçois, arrive en tête des Alpes-Maritimes pour le niveau de vie médian, avec 37 120 euros par an, selon les dernières données de l'Insee publiées en 2026. Elle devance Le Rouret (34 290 euros), Saint-Paul-de-Vence (34 110 euros) et Valbonne (32 590 euros), tandis que Nice (24 080 euros) et Cannes (24 000 euros) ferment la marche du classement établi par Nice-Matin.
Un classement qui bouscule les idées reçues
Les données de l'Insee contredisent l'image des grandes villas de Saint-Jean-Cap-Ferrat, des palaces de Cannes ou du luxe du Cap d'Antibes. Les communes les plus aisées se trouvent en réalité dans l'arrière-pays ou autour du bassin de Sophia Antipolis. Opio, avec ses 2 527 habitants, affiche un taux de pauvreté de 9 % et 75,3 % de ménages propriétaires de leur résidence principale.
Le Rouret, qui compte 4 209 habitants, présente un niveau de vie médian de 34 290 euros et un taux de pauvreté limité à 9 %, avec près des trois quarts des ménages propriétaires. Saint-Paul-de-Vence atteint 34 110 euros, mais son taux de pauvreté grimpe à 14 %. Valbonne, autre commune bien positionnée, affiche 32 590 euros et un taux de pauvreté de 11 %.
Mougins distance les grandes villes du littoral
Mougins enregistre un niveau de vie médian de 30 470 euros, avec un taux de pauvreté de 12 %, nettement au-dessus d'Antibes (27 560 euros) et de Cagnes-sur-Mer (27 000 euros). Roquebrune-Cap-Martin (28 870 euros) et Vence (28 120 euros) complètent ce haut de tableau dominé par l'arrière-pays.
Cannes, avec 24 000 euros, se situe légèrement sous Nice (24 080 euros). La ville affiche un taux de pauvreté de 23 %, quasiment identique à celui de Nice (23,4 %). Ce résultat ne signifie pas que Cannes est une ville « pauvre » : le niveau de vie médian mesure le revenu disponible du ménage rapporté au nombre d'unités de consommation, et non la valeur du patrimoine immobilier ni la fortune des propriétaires.
Le cas emblématique de Saint-Jean-Cap-Ferrat
Saint-Jean-Cap-Ferrat illustre ce décalage : son niveau de vie médian atteint 28 120 euros, mais l'Insee ne publie pas son taux de pauvreté en raison du secret statistique. Surtout, seuls 34,5 % des logements y sont des résidences principales, tandis que 64,1 % sont des résidences secondaires ou des logements occasionnels. Les communes célèbres pour leur immobilier de luxe ne sont donc pas nécessairement celles qui affichent les niveaux de vie médians les plus élevés.
À l'échelle du département, le niveau de vie médian atteint 26 380 euros en 2023, mais le taux de pauvreté reste élevé, à 17,7 %. Les disparités sont marquées entre les grandes villes : à Antibes, le niveau de vie médian monte à 27 560 euros et le taux de pauvreté descend à 16 %, tandis qu'à Grasse, il atteint 26 100 euros pour un taux de pauvreté de 17 %. Ces écarts confirment la partition entre un littoral urbanisé et un arrière-pays plus aisé, où le niveau de vie médian dépasse souvent de plusieurs milliers d'euros celui des grandes agglomérations.