Pour répondre aux crises sanitaires à répétition liées au norovirus dans la lagune de Thau, Sète Agglopôle Méditerranée a voté, jeudi 17 septembre, l’acquisition d’un mas ostréicole à Marseillan. Ce projet vise à offrir une solution de mise à l’abri de 60 tonnes de coquillages, afin de protéger la production et de rassurer les professionnels, notamment avant la période cruciale des fêtes de fin d’année.
Un investissement structurel après la contamination de 2026
Ce dossier, adopté en conseil communautaire, fait directement suite à l’épisode de contamination du début d’année 2026. Il s’inscrit en complément du programme d’investissement de plus de 13 millions d’euros déjà engagé par Sète Agglopôle pour réduire les flux microbiologiques dans l’étang de Thau. La collectivité a choisi d’investir dans la création d’un mas conchylicole collectif de mise à l’abri, un équipement destiné à sécuriser la profession lors des pics de vente.
Le site acquis est un mas d’une superficie totale de 2 052 m², comprenant un bâtiment d’exploitation de 950 m². Il sera équipé de bassins autonomes avec douches, et dispose d’un accès direct à l’étang de Thau avec un ponton. Selon Sète Agglopôle, le bâtiment est « en excellent état d’usage, quasiment neuf, équipé de bassins carrelés, pompes (forage eau saumâtre et réseau d’eau de mer), système UV et filtration à sable, monte-charge vers l’étage, compresseur et ponts roulants ».
Un dispositif de quarantaine pour assainir les coquillages
Une étude de faisabilité technique et financière est en cours pour développer une offre de mise à l’abri de 60 tonnes de coquillages. La gestion quotidienne de cet équipement serait confiée à la Coopérative des Conchyliculteurs de Méditerranée, qui assurerait également l’accueil des professionnels. Jean-Christophe Pézerat, vice-président de Sète Agglopôle Méditerranée délégué à la conchyliculture, détaille le fonctionnement : « Chaque ostréiculteur viendra déposer sa production dans ces bassins. Les coquillages ne seront plus en contact avec l’eau de l’étang. Une période de mise en quarantaine de 28 jours en eau propre permettra de garantir que les coquillages sont totalement assainis avant leur commercialisation. »
En cas d’alerte ou de présence de norovirus dans l’étang, les ostréiculteurs pourront y déposer leurs coquillages sans aucun apport d’eau de la lagune. « L’idée, c’est d’investir dans ce bâtiment, et que toute la production puisse basculer dans ces bassins avant l’arrivée du norovirus. Notre responsabilité est d’être aux côtés des professionnels dans les moments difficiles, mais aussi de préparer l’avenir », complète Jean-Christophe Pézerat.
Un financement partagé entre l’État, la Région et l’Agglo
Le projet représente un investissement global dont le financement est pris en charge à 40 % par l’État au titre du Programme d’Intervention Territoriale (PITE), soit 277 816 euros, à 40 % par Sète Agglopôle Méditerranée, et à 20 % par la Région Occitanie, soit 138 908 euros. Interrogé lors de la séance du conseil communautaire, Jean-Christophe Pézerat a précisé que ce mas nécessitait « très peu de travaux d’entretien immédiats ». Il a également souligné que si certains grands producteurs ont pu s’équiper de bassins privés en circuit fermé, la majorité des petits exploitants ne disposent pas de la place ou des moyens financiers nécessaires sur leur propre mas. « Cette installation collective offre donc une solution de secours essentielle à un grand nombre d’ostréiculteurs », assure-t-il.
Un « filet de sécurité » pour la filière
Le président Loïc Linares a insisté sur l’enjeu stratégique du dossier, rappelant que les ventes de fin d’année représentent « en moyenne 30 % du chiffre d’affaires annuel » des conchyliculteurs. Sète Agglo, qui continue les investissements massifs dans les réseaux d’assainissement d’un côté (20 millions d’euros sur l’année), envisage cette mise à l’abri collective comme un « filet de sécurité ». Le risque zéro de déversement pluvial « n’étant jamais garanti », le passé récent l’a bien montré.



