Nîmes Métropole a présenté sa feuille de route économique ce mercredi 7 octobre, avec un objectif clair : la création d'une agence de développement économique pour début 2027. L'agglomération, troisième d'Occitanie, veut « faire équipe avec les chefs d'entreprise » et mise sur des projets structurants comme l'aéroport, Magna Porta ou encore l'économie sociale et solidaire (ESS).
Un contexte économique tendu mais des ambitions affirmées
Vincent Bouget, président de Nîmes Métropole, et Olivier Fabregoul, vice-président en charge du développement économique, ont reçu les forces vives du monde économique pour présenter leur méthode. « L'économie ne se décrète pas depuis un bureau ! Notre responsabilité est de créer les conditions pour que les entreprises se développent, créent de l'activité et de l'emploi », a lancé Vincent Bouget.
Le contexte est pourtant difficile : le taux de chômage est élevé et l'économie productive est sous la moyenne nationale, avec 24 % des emplois contre 35 % au niveau national. Le budget est également contraint : « L'agglo pourra mettre 60 M€ en budget d'équipement. Au-delà, on serait dans le rouge », a précisé le président.
Magna Porta : un périmètre réduit et un data center écarté
La vaste zone de Magna Porta, autour de la gare TGV, aujourd'hui ramenée à 40 hectares mais toujours vide, pourrait enfin accueillir des entreprises. Les nouveaux élus envisagent de réduire le périmètre à 30 ou 20 hectares, car les compensations foncières bloquent des terres dans d'autres secteurs. Quant au data center annoncé par Franck Proust, Vincent Bouget a tempéré : « Je ne crois pas que ce soit la meilleure opportunité. Nous allons tout retravailler. »
Sans faire table rase du passé, « nous regarderons les projets hérités sans dogmatisme et nous ferons des choix pour mettre l'argent public là où il est réellement utile », ont assuré les deux élus. D'autres projets sont plus avancés, comme l'aéroport ou la création de l'agence de développement, tandis que d'autres restent à construire autour de l'ESS ou de la résilience climatique.
Aéroport : priorité à la sécurité civile et à la maintenance
Vincent Bouget a réaffirmé sa volonté de faire de Nîmes « une référence européenne en matière de sécurité civile, d'aéronautique et de maintenance ». Il compte se rendre à Bruxelles pour chercher des financements et des partenariats. « L'aéroport est une plateforme industrielle, il ne doit pas être regardé uniquement à travers le nombre de passagers », a-t-il insisté.
Olivier Fabregoul a ajouté : « On est les seuls à avoir un tel foncier en bord de piste. » Concernant les lignes commerciales, le délégataire Edeis, dont le contrat court jusqu'à fin 2028, peine à remplir ses objectifs. « En 2028, on choisira un nouveau mode de gestion », a indiqué Vincent Bouget, tout en évoquant des négociations en cours : « Les avocats étudient quelle négociation serait utile pour tout le monde. »
La position sur le maintien des lignes commerciales semble s'assouplir. « On n'a pas la main sur les lignes commerciales, la meilleure chance de garder cette tour de contrôle, c'est la présence de la sécurité civile et de l'armée », a estimé Olivier Fabregoul. Le schéma de développement de l'aéroport sera présenté en novembre.
Une agence de développement économique sur mesure
Le gros projet de l'agglomération est la création d'une agence de développement économique, dont le lancement est prévu début 2027. « Il ne s'agira pas d'un machin supplémentaire », a promis Vincent Bouget, précisant qu'il ne s'agira pas non plus d'une copie d'Openîmes, fermée en 2020 : « Recréer la même structure qui n'a pas été efficace n'aurait aucun sens. »
Cette agence sera « une porte d'entrée pour les entreprises, un lieu de travail en réseau », avec une gouvernance associant public et privé. Une étude de préfiguration sera menée par le Cner, qui fédère toutes les agences de développement économique. « On va faire du sur-mesure ! » a insisté le président. Il faudra éviter de créer des postes, mais « on ira chercher des financements à la Région avec laquelle on fluidifie les relations de travail pour sortir des querelles institutionnelles ».
Quant à la gouvernance, Vincent Bouget a noté qu'à la Région, c'est Carole Delga qui préside Ad'Occ, l'agence de développement économique : « Pour le symbole, c'est important. » Il pourrait faire de même.
Autres projets : zones d'activités, ESS et laboratoire méditerranéen
L'agglomération compte 22 zones d'activités. « Nous allons travailler leur sécurité, leur cadre de vie, leur rénovation, la question des mobilités aussi », a annoncé Olivier Fabregoul. Sur Oc Via, si la prison se fait, il y aura du foncier économique disponible. Sur Saint-Cézaire, la zone est historique : « On va restructurer le mas Roman pour créer une continuité urbaine avec la zone d'activités et créer du logement car on en a besoin. »
Nîmes ambitionne de devenir une capitale européenne de l'économie sociale et solidaire (ESS). « Ce n'est pas un slogan idéologique », a assuré Vincent Bouget, mais le projet est encore nébuleux. L'objectif est de créer un écosystème favorable à des entreprises de l'ESS (dans le soin, le réemploi, la rénovation, l'alimentation…) qui créeront des emplois non délocalisables.
Enfin, Nîmes se positionne comme un laboratoire méditerranéen face au dérèglement climatique. Ville la plus chaude de France, confrontée au manque d'eau, aux incendies et aux inondations, l'agglomération ambitionne d'expérimenter les solutions de résilience de demain. Quand, comment, avec quels moyens… tout reste à inventer.
La concertation est un maître mot de cette nouvelle équipe. « Je veux un dialogue régulier, une ou deux fois par an avec tous les chefs d'entreprise », a conclu Vincent Bouget, appelant à une réussite collective : « Il faut faire équipe : on réussira ou on échouera collectivement. »