L'entreprise Neoditel, basée à Sophia Antipolis, spécialisée dans l'optimisation des coûts télécoms et l'infogérance des flottes mobiles, s'apprête à franchir un nouveau cap. Fondée en octobre 2001 par Pascal Lenchant, elle célèbre ses 25 ans le 22 octobre prochain et mise désormais sur la croissance externe pour accélérer son développement. Une première opération pourrait être annoncée dès le premier trimestre 2027.
Un parcours entrepreneurial atypique
Pascal Lenchant, ancien de Polytechnique de Louvain, a refusé un salaire confortable dans un cabinet international de conseil pour se lancer dans l'aventure entrepreneuriale. Il a commencé dans un garage avant de créer Neoditel à Vence en octobre 2001, puis de s'installer quelques mois plus tard à Sophia Antipolis. Son secteur : « L'optimisation de coûts en télécommunications ».
Vingt-cinq ans plus tard, l'entreprise compte 42 salariés et a réalisé un chiffre d'affaires de 6,3 millions d'euros l'an dernier. Son cœur de métier est resté inchangé : auditer les dépenses télécoms des entreprises. « On identifie les économies possibles et on accompagne leur mise en œuvre », explique le dirigeant. À l'époque, Neoditel ne s'occupait que de la téléphonie fixe, mais avec l'évolution de la technologie, elle a ajouté l'infogérance de flottes mobiles.
Des économies substantielles pour les clients
Neoditel prend en charge la gestion quotidienne des parcs télécoms : support aux utilisateurs, remplacement des téléphones, gestion des cartes SIM, résolution des problèmes techniques, suivi des budgets et sécurité des terminaux. Cette approche permet aux clients de réaliser des économies conséquentes. « Il y a un énorme gaspillage, reprend Pascal Lenchant. Entre 30 et 50 % des lignes de téléphonie fixe sont inutilisées tout en continuant à être facturées. Entre 10 et 20 % des lignes des flottes mobiles ne sont plus utilisées. »
Pour des flottes comptant plusieurs milliers de lignes, ces anomalies représentent rapidement des sommes importantes. Le business model de Neoditel demeure inchangé : un partage des économies réalisées et un forfait mensuel pour les prestations d'infogérance mobile. Ses clients sont principalement des ETI et de grands comptes, à partir d'environ 500 salariés, comme L'Oréal avec 11 000 lignes, Bureau Veritas avec 7 000 lignes et Socotec avec 6 000 lignes. « On intervient également pour le PMU, sur un périmètre représentant plus de 10 millions d'euros d'achats télécoms annuels », précise le dirigeant. Le marché de l'entreprise est essentiellement français, même si certains clients l'emmènent en Belgique ou aux Pays-Bas.
Une stratégie de croissance externe
À 25 ans, Neoditel veut changer d'échelle grâce à la croissance externe. Cette certitude, le dirigeant l'a acquise en suivant en 2023 le programme « Les Conquérants » de Bpifrance, puis Boost Côte d'Azur l'année suivante. Le secteur du conseil télécoms est confronté à un important enjeu de transmission, de nombreux cabinets ayant été créés à la fin des années 1990. « On est accompagné par un cabinet indépendant pour identifier des sociétés à reprendre », explique Pascal Lenchant.
Une première opération pourrait être annoncée au premier trimestre, avec une acquisition envisagée au deuxième trimestre. « Avec 40 personnes et plus de 6 millions d'euros de chiffre d'affaires, nous sommes un gros parmi les petits », résume le dirigeant. Par ailleurs, Neoditel se prépare à une autre révolution : la disparition progressive des réseaux cuivre et des standards téléphoniques traditionnels au profit des solutions de communication unifiée comme Teams, Webex ou Ringover.