Marie-Estelle Loriette : une entrepreneure épanouie au service du Made in France
Chaque matin, après avoir déposé son fils aîné Jules à l'école de Lavérune et le cadet Roméo chez sa nounou, Marie-Estelle Loriette se rend dans les locaux de l'Atelier de la Casquette, situés sur l'avenue du Marché-Gare à Montpellier. Avant même de poser ses affaires personnelles dans son bureau, elle prend systématiquement le temps de saluer, un par un, les salariés présents sur la ligne de production et dans les bureaux. Cette entrepreneure de 38 ans, originaire de l'Hérault, est exactement là où elle souhaite être.
Un parcours professionnel inattendu
Pourtant, lorsqu'on lui demande si elle envisageait de devenir cheffe d'entreprise plus jeune, la réponse de Marie-Estelle Loriette est sans équivoque : "Jamais de la vie, sourit-elle. Je n'ai jamais eu l'âme d'entrepreneure durant mes études. Je n'avais pas cette ambition." Mais la vie est faite de rencontres et d'opportunités imprévues.
Au début de son parcours professionnel, Marie-Estelle Loriette était salariée dans une entreprise spécialisée dans les casquettes. C'est là qu'elle a rencontré son futur associé, Pierre-Edouard Thibaud. "Cette boîte était une pépite mais il n'y avait aucune force commerciale, se souvient-elle. Je me souviens qu'un midi, autour d'une pizza, on s'est lancé le défi de faire la même chose en ajoutant nos idées pour faire exploser ce projet."
Elle a ensuite quitté son poste pour acquérir de l'expérience en gestion d'entreprise, travaillant à Béziers dans une société d'importation de meubles. "J'étais chargée des achats, de la logistique et des importations avant de récupérer la gestion courante de l'entreprise." C'est à ce moment précis qu'elle a franchi le pas décisif : "Je me suis dit que tout mon investissement pouvait être mis au service de mon projet. J'ai recontacté Pierre-Edouard, c'était le moment d'unir nos compétences."
La naissance et l'évolution de l'Atelier de la Casquette
L'Atelier de la Casquette a donc vu le jour en 2018. "Je savais que ça allait m'offrir une liberté énorme de temps, de décisions et d'initiatives. C'était ma motivation principale." Les débuts ont été modestes : "Au début, on travaillait chacun chez nous, en collaboration avec des ateliers en Asie. Les premières commandes sont arrivées. Au bout de deux ans, on a trouvé un fournisseur en Pologne pour ouvrir le marché européen. On a alors acheté des machines à broder."
La crise sanitaire a marqué un tournant décisif pour l'entreprise. "Nous avions une commande de 6 000 casquettes bloquées en Asie. J'ai eu une prise de conscience, l'idée du 'Made in France' a commencé à germer et j'ai monté un business plan." Cette réflexion a été partagée avec son associé : "Je l'ai envoyé à Pierre-Edouard et on s'est rendu compte que c'était à notre portée financièrement."
En 2021, une grande enseigne d'articles de sport les a contactés pour acheter des casquettes produites en France. Bien que ce projet spécifique ne se soit pas concrétisé, il a servi de catalyseur : "C'est ce qui nous a motivés à nous lancer." L'entreprise a alors bénéficié d'un soutien financier conséquent : "On a reçu une subvention et un accompagnement à la formation de la Région, un prêt du Réseau Entreprendre et un financement de la banque."
Début 2022, l'entreprise a déménagé à Montpellier, embauché du personnel et mis en place un plan de formation pour le recrutement. "Et nous avons lancé l'atelier."
Une réussite et des perspectives d'avenir ambitieuses
Aujourd'hui, le Made in France représente 50 % du chiffre d'affaires de l'Atelier de la Casquette, une véritable réussite pour cette entreprise innovante. Marie-Estelle Loriette envisage l'avenir avec ambition : "On aimerait continuer à grandir, avoir plus de salariés, une deuxième ligne de production… Cette année, on prévoit d'acheter un bâtiment et développer le parc de machines."
L'entrepreneure se sent parfaitement à sa place dans ce rôle qu'elle n'avait pas initialement envisagé : "Je ne regrette pour rien au monde de l'avoir fait. J'invite tous ceux qui veulent le faire à y aller. C'est une superbe aventure humaine." Son parcours démontre que les chemins professionnels les plus enrichissants sont parfois ceux que l'on n'avait pas anticipés, mais qui s'avèrent parfaitement alignés avec nos aspirations profondes.



