M6 fait condamner Google à 23 millions d'euros pour pratiques anticoncurrentielles
M6 fait condamner Google à 23 millions d'euros

Victoire juridique de M6 contre Google dans un dossier de concurrence déloyale

Le groupe audiovisuel français M6 a remporté une importante bataille judiciaire contre le géant américain Google. Le Tribunal des activités économiques de Paris a condamné Google à verser près de 23 millions d'euros de dommages et intérêts pour pratiques anticoncurrentielles sur le marché de la publicité en ligne.

Une condamnation substantielle et des frais supplémentaires

La décision rendue mardi dernier impose à Google le paiement de 22,7 millions d'euros de dommages et intérêts, auxquels s'ajoutent 230 000 euros de frais d'avocat. Cette information, initialement rapportée par le média spécialisé « mind Media », a été confirmée par Google lui-même mercredi.

Le tribunal a estimé que Google avait favorisé sa propre plateforme de vente de publicité en ligne lors de l'attribution d'espaces publicitaires, créant ainsi un désavantage significatif pour ses concurrents directs sur ce marché.

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Une réaction immédiate de Google qui annonce faire appel

Face à cette décision, Google a immédiatement manifesté son désaccord. « Nous sommes en profond désaccord avec cette décision disproportionnée et nous ferons appel », a déclaré un porte-parole de l'entreprise américaine.

Le représentant de Google a ajouté que « ces actions en justice opportunistes reposent sur des interprétations erronées du secteur des technologies publicitaires, qui est hautement concurrentiel et en constante évolution ». De son côté, le groupe M6 n'a pas souhaité commenter cette décision judiciaire en sa faveur.

Un jugement qui s'appuie sur des précédents réglementaires

La décision du tribunal parisien ne vient pas de nulle part. Elle s'appuie sur deux précédents majeurs :

  • La sanction de 220 millions d'euros infligée à Google par l'Autorité de la concurrence française en juin 2021
  • L'amende historique de 2,95 milliards d'euros imposée par la Commission européenne le 5 septembre de la même année

Selon les informations de « mind Media », la décision européenne a permis au tribunal d'étendre la période d'infraction jusqu'en 2022, alors que l'Autorité de la concurrence française l'avait initialement limitée à 2020. Cette extension temporelle a directement contribué à l'augmentation du montant des indemnités accordées à M6.

Un contexte international tendu autour de la régulation des géants tech

Cette affaire s'inscrit dans un contexte international particulièrement sensible concernant la régulation des géants technologiques américains en Europe. La décision de la Commission européenne avait d'ailleurs été vivement critiquée par l'ancien président américain Donald Trump, alors en fonction.

La problématique des pratiques anticoncurrentielles de Google dans la publicité en ligne dépasse largement les frontières françaises. Aux États-Unis, le ministère de la Justice accuse également Google de créer des situations de monopole sur ce même marché.

En France, cette affaire M6 n'est pas isolée. Plusieurs autres groupes de médias ont également assigné Google devant les tribunaux pour des motifs similaires, témoignant d'une préoccupation sectorielle plus large concernant les pratiques commerciales du géant numérique.

Cette décision judiciaire marque donc un tournant significatif dans la relation entre les groupes médias européens et les plateformes numériques dominantes, tout en s'inscrivant dans une tendance régulatoire plus stricte à l'égard des pratiques anticoncurrentielles dans le secteur technologique.

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