Alors que des lycéens se mobilisent pour dénoncer les conditions d’enseignement et l’état de certains établissements, Bruno Retailleau estime que la crise que traverse l’école n’est pas une crise de moyens. Invité sur LCI, ce jeudi 8 octobre, le président des Républicains et candidat à la présidentielle a déclaré : « On est, parmi les pays de l’OCDE, un des pays qui dépensent le plus. Sur les lycées, par exemple, et pour les lycéens, c’est 27 % de plus par rapport à la moyenne de l’OCDE. »
Un chiffre confirmé par le rapport de l'OCDE
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié fin septembre son rapport Regards sur l’éducation. Ces dernières données disponibles sont basées sur les chiffres de l’année 2023. Selon le tableau C4.1 du rapport, les dépenses consacrées aux établissements du deuxième cycle du secondaire, qui correspond principalement aux lycées, atteignent 19 527 dollars par élève en France, contre 15 288 dollars en moyenne dans les pays de l’OCDE. Ces montants sont convertis en dollars selon les parités de pouvoir d’achat, afin de permettre les comparaisons entre pays. La différence représente 27,7 % de plus que la moyenne de l’OCDE, soit le chiffre avancé par Bruno Retailleau.
En 2023, la France était le 9e pays de l’OCDE qui dépensait le plus pour ses lycéens. À titre d’exemple, l’Allemagne, avec 23 653 dollars par élève, l’Autriche, avec 21 292 dollars, et la Belgique, avec 20 117 dollars, devancent la France. Avec 19 527 dollars par élève, la France se situe donc en dessous de ces trois pays. Le Luxembourg, la Norvège, la Suisse, les Pays-Bas et les États-Unis étaient également devant.
La France dépense moins pour ses écoles primaires et collèges
Le rapport de l’OCDE relève plusieurs caractéristiques du système éducatif français susceptibles d’expliquer cet écart. La France scolarise notamment une part importante de ses élèves de la voie professionnelle au sein des lycées, contrairement à certains pays où l’apprentissage en entreprise occupe une place plus importante. Or, les formations professionnelles nécessitent des équipements spécifiques qui peuvent coûter cher et des moyens d’encadrement adaptés aux enseignements pratiques.
Si la France dépense effectivement plus que la moyenne des pays de l’OCDE pour ses lycéens, ce n’est pas le cas pour les écoles primaires et les collèges. Le même rapport indique que les dépenses consacrées aux établissements d’enseignement primaire atteignent 12 310 dollars par élève en France, contre 13 639 dollars en moyenne dans les pays de l’OCDE, toutes sources de financement confondues. Pour ce qui est des collèges, selon le tableau C3.1 du rapport, les dépenses sont de 14 699 dollars par élève en France, contre 15 305 dollars en moyenne dans les pays de l’OCDE.
Des nuances démographiques et territoriales
Il faut toutefois remettre ces chiffres en perspective avec la situation démographique du régime des retraites des fonctionnaires, qui est prise en compte dans les totaux. En France, cela a pour conséquence de surévaluer les moyens accordés à l’Éducation nationale. Selon un rapport de l’Institut des politiques publiques basé sur les chiffres de l’année 2023, la part consacrée aux retraites fait baisser la moyenne des dotations par élèves d’environ 8,7 %.
De plus, il s’agit là de moyennes à l’échelle nationale, mais des disparités existent entre les différentes régions françaises ou même entre certains établissements des mêmes villes, ce qui est justement pointé du doigt par les lycéens depuis le début du mouvement qui a débuté en banlieue parisienne, dans le 94 suivi rapidement du 93.