Ligne d'Azur : la Métropole de Nice savait, selon d'anciens cadres
Ligne d'Azur : la Métropole de Nice était au courant

La Métropole Nice Côte d'Azur était informée en temps réel des dérives financières de la régie Ligne d'Azur, selon d'anciens cadres et des lanceurs d'alerte internes, mais elle n'a jamais agi. Julie Reti, la directrice générale licenciée, affirme : « Ils ont toujours été au courant en temps réel de tout ce que je faisais, mais ils n'ont jamais rien fait. Ils auraient dû eux aussi alerter et faire un article 40. » Ces déclarations interviennent alors que des millions d'euros d'argent public sont en jeu.

Des mails confidentiels révèlent que des cadres métropolitains étaient au courant

Des mails que Nice-Matin a pu consulter montrent que le directeur général adjoint des infrastructures, des grands projets et des travaux à la Métropole ainsi que la directrice du pôle mobilité durable étaient au courant, au moins en partie, des problèmes de gestion de la régie. Pourtant, aucun contrôle n'a été diligenté par la Métropole depuis la création de Ligne d'Azur en 2013. La collectivité avait pourtant la responsabilité de contrôler cet établissement public.

Un cadre haut placé de la collectivité déplore : « Tout le monde s'occupait des bus et des tramways, mais pas de la gestion privée de l'entreprise, faute d'appétence et de compétence. […] Aucun audit n'avait été demandé sur le montant du poste relatif aux salaires, primes, avantages, ni même sur le contingent des heures supplémentaires. »

Plus de 10 millions d'euros par an sans contrôle

La chambre régionale des comptes reconnaît également n'avoir jamais contrôlé la régie : « A ce jour, la régie Ligne d'Azur n'a pas fait l'objet d'un contrôle de la chambre. » Pourtant, le Versement transport et les recettes de billetterie sont la propriété exclusive de la Métropole, qui encaisse et reverse ces fonds à la régie, en ajoutant une partie de financement via le budget de l'établissement public de coopération intercommunale (EPCI).

Un cadre de la Métropole explique : « Chaque année sur la base d'un budget prévisionnel, la régie justifie ses dépenses, pose la facture et la Métropole paie. » Des cadres toujours en poste côté Ligne d'Azur décrivent la situation : « La tendance est la même depuis quelques années : plus de 10 millions d'euros par an débloqués par la Métropole, ce qui a valu à l'ancien directeur des finances de la Métropole d'attribuer au directeur général adjoint des finances et des marchés publics de la régie, le surnom de “Monsieur 10 millions”. »

La Métropole se dit prête à coopérer avec la justice

Interpellé sur l'absence de signalement au procureur, le directeur général adjoint des infrastructures, des grands projets et des travaux à la Métropole oppose : « Je répondrai avec plaisir à toutes vos questions si le service presse vous renvoie vers moi. » La directrice du pôle mobilité durable n'a pas répondu.

La collectivité, sollicitée, indique : « La Métropole Nice Côte d'Azur, compétente sur les infrastructures de transport, délègue l'exploitation du réseau à la régie Ligne d'Azur. Elle rappelle qu'elle a exigé plusieurs audits sur la régie. Elle prendra toutes les mesures qui s'imposeront au regard de leurs conclusions. » Elle ajoute : « La Métropole fait pleinement confiance à la justice pour établir les faits, déterminer le rôle et les responsabilités de chacun et se tient naturellement à la disposition des enquêteurs pour faciliter leur travail. »