Le pape Léon XIV est arrivé ce vendredi matin à l'aéroport de Paris-Orly, où il a été accueilli par le président Emmanuel Macron et son épouse, avant de se rendre à l'Élysée pour un premier discours. Cette visite apostolique, la première d'un souverain pontife en France depuis dix-huit ans, doit durer quatre jours et se dérouler à Paris, Lourdes et Metz. Selon le cabinet du ministre du Commerce Serge Papin, elle devrait rassembler près de 1,3 million de personnes au total.
Un accueil chaleureux et des cloches qui sonnent
Dès sa descente d'avion, le pape a reçu un accueil très chaleureux de nombreux jeunes qui l'attendaient sur le tarmac, certains criant « Vive le pape ! ». La Garde républicaine était également déployée pour l'accueillir. Pour célébrer son arrivée, les cloches de toutes les églises de France ont sonné à l'unisson pendant sept minutes.
À bord de l'avion papal, Léon XIV a déclaré : « Je voyage en France comme ailleurs dans le monde en tant que disciple de Jésus-Christ, souhaitant proclamer la paix, la paix du Christ dans le monde entier ». Il a également évoqué la crise migratoire de l'enclave espagnole de Ceuta, la qualifiant de « véritablement une crise humanitaire » et appelant à chercher des réponses « pour éviter ce type d'urgence ». Interrogé sur les journalistes accrédités à la Maison Blanche, il s'est dit « très heureux qu'ici vous soyez tous les bienvenus ».
Une journée marathon entre l'Élysée, l'Unesco et le Stade de France
Après un bref entretien avec Emmanuel Macron à l'aéroport d'Orly, le pape s'est dirigé vers le palais de l'Élysée où il doit prononcer un premier discours à 11h45 devant les autorités et le corps diplomatique. Dans l'après-midi, à 15h, il s'exprimera au siège de l'Unesco où il devrait renouveler son appel à réguler l'intelligence artificielle. Suivra une déambulation en papamobile depuis l'église Notre-Dame-des-Champs, dans le 6e arrondissement, jusqu'à la cathédrale Notre-Dame, avant de célébrer des vêpres à 17h15 devant des prêtres, diacres et séminaristes.
La journée se conclura par une grande veillée de prière au Stade de France, où 80.000 jeunes de 17 à 35 ans sont attendus. Selon le cardinal Jean-Marc Aveline, président de la Conférence des évêques, « l'unité dans l'Eglise » et « la fraternité dans le monde » sont « deux objectifs importants » de cette visite. Il a souligné qu'il s'agit d'« un voyage apostolique » avec une « visée pastorale », et non d'une visite d'État.
Un dispositif de sécurité impressionnant et des retombées économiques majeures
La sécurité est draconienne pour cette visite : 15.000 policiers et gendarmes sont mobilisés, ainsi que 17.000 bénévoles, et 2.500 journalistes sont accrédités. Le budget s'élève à 27 millions d'euros. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a déclaré sur TF1 que « la vigilance des forces de l'Intérieur est maximale », ajoutant que « quelques dizaines » de personnes avaient été interdites d'accès, mais qu'il n'y avait « pas de menace identifiée ».
La séquence parisienne devrait attirer un million de personnes, dont 600.000 pour la messe géante de samedi après-midi sur la place de la Concorde et les Champs-Élysées. Cette affluence devrait générer « plusieurs centaines de millions d'euros » de retombées économiques, selon les ministres Serge Papin et Roland Lescure. Serge Papin a notamment souligné qu'à « Lourdes, deuxième ville hôtelière en France », « tous les hôtels sont pleins depuis la fin août ». Il a également noté des retombées sur « la restauration, le commerce de proximité ». En parallèle, 23 stations de métro et de RER seront fermées temporairement à Paris ces vendredi et samedi.
Des cadeaux symboliques et des thèmes variés
Le président Macron offrira au pape plusieurs cadeaux symboliques, dont une reproduction partielle d'un des nouveaux vitraux de Notre-Dame de Paris, conçue par l'artiste Claire Tabouret et réalisée par l'Atelier Simon-Marq, ainsi qu'un « évangéliaire ADN », un projet associé au CNRS comportant un exemplaire unique de l'Évangile selon saint Marc sur un morceau d'ADN synthétique. Au cours de ses différentes déclarations, le pape abordera des thèmes variés, notamment l'intelligence artificielle, la question migratoire et la lutte contre les violences sexuelles.