Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a déclaré samedi 26 septembre 2026, depuis la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies, que la Russie atteindrait ses objectifs militaires en Ukraine, et ce « peu importe les circonstances ». Il a également accusé l'Europe de s'opposer systématiquement à une résolution du conflit, contrairement selon lui à la position des États-Unis.
Une mise en garde véhémente du Kremlin
« Les objectifs de l'opération militaire spéciale seront atteints, la menace à la sécurité russe sera éliminée, et la vie paisible reviendra. Cela se produira peu importe les circonstances », a déclaré le ministre lors de son discours à l'ONU. Dans un ton véhément, il a ajouté : « L'Europe fait tout ce qui est en son pouvoir pour contrecarrer les discussions de paix souhaitées par le gouvernement Trump ».
Ces déclarations interviennent alors que Sergueï Lavrov avait rencontré, avant son discours, son homologue allemand Johann Wadephul. Il s'agit du premier entretien de ce type depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine. Berlin, soutien majeur de Kiev, a fermé ses consulats en Russie, tout comme Moscou a fermé les siens en Allemagne, après l'accusation allemande contre la Russie d'avoir envoyé un drone chargé d'explosifs sur l'aéroport de Leipzig début août.
Berlin appelle à cesser l'escalade
Lors de cette rencontre, Johann Wadephul a enjoint Moscou « à renoncer à la dangereuse voie de l'escalade à l'égard de l'Allemagne, de l'Europe et de l'Otan », selon des sources au sein de la délégation allemande. La même source a ajouté : « Des incidents comme la récente tentative d'attentat à Leipzig ou d'autres attaques hybrides ne sauraient ébranler la détermination de l'Allemagne à soutenir l'Ukraine agressée ».
La diplomatie allemande a également condamné « l'agression persistante et toujours plus ciblée de la Russie contre la population civile ukrainienne ». Elle soutient que « cette tentative de faire monter la pression ne change rien à la situation intenable de la Russie : chaque mois, des dizaines de milliers de soldats russes meurent dans une guerre de positions sans issue, tandis que l'économie russe s'effondre toujours davantage ». Pour Berlin, la solution « évidente » au conflit reste « la fin de l'agression russe, le retrait des troupes russes et un cessez-le-feu durable ».
Lavrov s'en prend à l'Allemagne et évoque Ormuz
Dans son discours à la tribune de l'ONU, Sergueï Lavrov s'en est pris notamment à Berlin, déclarant qu'« une réforme du Conseil de sécurité de l'ONU ne peut pas comprendre des sièges supplémentaires alloués aux pays occidentaux, particulièrement l'Allemagne et le Japon, qui sont désormais sur la voie du militarisme ». Cette rencontre avec Johann Wadephul était la première avec un ministre des Affaires étrangères allemand depuis janvier 2022, lorsque Sergueï Lavrov avait échangé avec Annalena Baerbock, moins d'un mois avant le début de l'invasion de l'Ukraine.
Par ailleurs, le ministre russe a affirmé que la Russie était prête à aider à stabiliser la situation dans le détroit d'Ormuz, peu après l'annonce par Donald Trump de son rejet de la proposition iranienne de réouverture sous sept jours de ce passage maritime crucial pour l'économie mondiale. « Nous avons besoin de confiance dans les relations entre les États du Golfe, les États arabes, et l'Iran. Nous avons besoin d'une architecture régionale stable », a déclaré Lavrov.