Lors du conseil municipal de Langon, mercredi 29 avril, les budgets 2026 ont été présentés aux élus. Ils sont notamment alourdis par le coût de dépollution d'une ancienne décharge à Preignac.
Un héritage coûteux
C'est un triste héritage qui va coûter près de 500 000 euros à la commune de Langon. Mercredi 29 avril, lors du conseil municipal, les budgets 2026 ont été votés par les élus. Si les principaux postes de dépense évoluent peu, près de 800 000 euros de « dépenses exceptionnelles » vont alourdir la facture de l'année en cours. Une partie est liée aux inondations qui ont causé 360 000 euros de dégâts selon les premières estimations de la Ville. Mais environ 500 000 euros sont liés à un passé beaucoup moins récent : c'est le coût de la dépollution de la décharge de Bigardoy, à Preignac. Une ancienne décharge sauvage dans laquelle la Ville de Langon a déversé ses poubelles pendant au moins dix ans à partir du milieu des années 1960.
Feuilleton judiciaire
« Comme beaucoup de mairies ou de collectivités, on a hérité de décharges sauvages, chaque collectivité porte un peu son fardeau », a expliqué Christophe Doray, adjoint en charge des finances qui détaillait la raison de cette dépense. Ce « fardeau » avait été exhumé en 1999 par un couple habitant le quartier d'Arrançon qui, après avoir acheté un nouveau terrain, s'est aperçu au moment de le débroussailler qu'il était jonché d'ordures sur au moins trois mètres de profondeur.
Après un long combat judiciaire les ayant conduits jusqu'au Conseil d'État en 2011, plus haute juridiction administrative française, le couple aura finalement mis plus de vingt ans à obtenir gain de cause. Il avait d'abord fait face au déni de la municipalité langonnaise et de la préfecture. Cette dernière assurait au début des années 2000 que la décharge n'avait jamais existé. Elle était pourtant « répertoriée par l'administration dès 1997 », note la cour administrative de Bordeaux en 2012.
Une décharge massive
La base de données des anciens sites industriels et activités de services (Basias) décrit un site d'un hectare dans lequel 1 000 tonnes de déchets étaient déversées chaque mois. Sur la fiche concernant cette décharge sauvage, on peut lire la description suivante : « Le front de la décharge est de 30 à 40 mètres de déchets, sur 3 à 4 mètres de hauteur. Périodiquement, un engin pousse l'amas dans la gravière profonde de 5 à 6 mètres. L'aspect est sale, les mouches nombreuses, l'odeur désagréable. » De quoi augurer un travail colossal.
Une tête de bélier bientôt accrochée
Au budget 2026 présenté en conseil municipal, 7 000 euros étaient dédiés à une tête de bélier. L'épilogue d'une longue histoire de vieilles pierres disparues de l'église Notre-Dame, dont il ne reste que quelques vestiges sous le Florida et sur le square Claude-Darroze. Après avoir remis la main sur des chapiteaux et une tête de bélier, la Ville va donc réinstaller cette dernière. « Elle ne sera pas à sa place d'origine », précise la 1re adjointe Chantale Pharaon. La pierre d'œuvre sera posée à 3 mètres pour « ne pas faire l'objet de tentations » et sera montée sur un pilier fait de pierres venant de l'église qui seront retaillées pour l'occasion. Le chantier pour lequel le bon de commande vient d'être signé devrait aboutir d'ici « un bon mois », espère-t-elle.



