Kering en restructuration : bénéfice divisé par dix, Gucci plombe les résultats
Kering : bénéfice divisé par dix, Gucci plombe les résultats

Kering en pleine tourmente : bénéfice divisé par dix et restructuration massive

Le géant français du luxe Kering, propriétaire de Gucci, Yves Saint Laurent et Balenciaga, traverse une période difficile. Sous la direction de Luca de Meo, arrivé en septembre dernier, le groupe a annoncé mardi des résultats 2025 en net recul, avec des ventes en baisse de 13% et un bénéfice net divisé par plus de dix.

Des chiffres préoccupants pour le groupe de luxe

En 2025, le bénéfice net de Kering s'est effondré à seulement 72 millions d'euros, contre des ventes totales de 14,67 milliards d'euros. Ces performances décevantes sont largement attribuées aux difficultés persistantes de Gucci, la marque phare du groupe, dont les ventes ont chuté de 22% à 6 milliards d'euros sur l'année.

« La performance du groupe en 2025 ne reflète pas son véritable potentiel », a déclaré Luca de Meo dans un communiqué. Le directeur général a toutefois exprimé un certain optimisme pour 2026, évoquant des « signes de rebond » observés à partir du troisième trimestre 2025.

Gucci au cœur des préoccupations

Malgré sa contribution historique de 41% des ventes annuelles et plus de 60% de la rentabilité opérationnelle du groupe, Gucci peine à se redresser après des années de déclin. Luca de Meo a reconnu la nécessité d'une transformation profonde : « Le niveau de bullshit a diminué énormément, on se dit les choses et on les attaque l'une derrière l'autre ».

Le groupe souligne néanmoins une « amélioration séquentielle » de la marque sur les derniers trimestres, notamment grâce à de bonnes ventes de sacs à main. Cette tendance a été saluée par les marchés, l'action de Kering grimpant de plus de 12% à la Bourse de Paris après l'annonce des résultats.

Une restructuration à grande échelle

Kering a entrepris une vaste restructuration qui comprend plusieurs mesures significatives :

  • La vente de sa division Beauté à L'Oréal pour 4 milliards de dollars, finalisée au premier semestre 2026
  • La fermeture d'environ 150 magasins cette année, dont un tiers seront des boutiques Gucci
  • Une réorganisation du réseau de boutiques concentrée sur l'Asie et les États-Unis
  • Le développement d'une stratégie de portfolio pour toutes les marques du groupe

« Mon objectif est d'éviter des magasins à perte », a précisé Luca de Meo concernant les fermetures de boutiques, tout en indiquant que cela « ne veut pas dire qu'on ne va pas rouvrir » des points de vente par la suite.

Changements managériaux et stratégiques

Luca de Meo, ancien dirigeant de Renault, a déjà imprimé sa marque sur l'organisation du groupe. Il a nommé Francesca Bellettini, directrice adjointe de Kering, à la tête de Gucci et a procédé à des changements dans la direction créative avec l'arrivée du styliste Demna, venu de Balenciaga.

Le directeur général entend développer une « stratégie de portfolio » pour toutes les marques du groupe qui travaillaient jusqu'ici en totale autonomie. « On ne va pas tous être sur la même balle », a-t-il expliqué, évoquant une « espèce de hiérarchie des marques » à venir.

Perspectives pour 2026 et au-delà

Pour diminuer sa dépendance à Gucci, Kering compte s'appuyer davantage sur Yves Saint Laurent, notamment en développant la marque sur le marché chinois. Le groupe travaille également au repositionnement de la marque McQueen, qui représente seulement 5% du chiffre d'affaires mais génère « de grosses pertes ».

« On baisse la voilure, on repositionne, on recentre », a déclaré Luca de Meo concernant McQueen, avant d'ajouter : « Je ne fais pas de la charité, on gère une boite ».

Le 16 avril, lors du Capital Markets Day, Kering présentera une feuille de route détaillée pour relancer la croissance, avec des stratégies de marques précisément définies, une organisation plus efficiente et une discipline financière rigoureuse. Luca de Meo assure que 2026 sera l'année « où Kering recommence la reconquête de son territoire ».