Investissement : les femmes restent plus prudentes que les hommes, un écart persistant
Investissement : les femmes plus prudentes que les hommes

Les femmes et l'investissement : une prudence marquée face aux hommes

Dans le domaine de l'investissement, les femmes continuent de faire preuve d'une prudence nettement supérieure à celle des hommes, malgré des évolutions timides observées ces dernières années. Selon le dernier baromètre publié par l'Autorité des marchés financiers (AMF), moins d'un quart des femmes, soit précisément 24%, déclarent investir via des placements financiers. Ces instruments incluent des plans d'épargne en actions, des comptes-titres, des cryptoactifs ou encore des véhicules de financement participatif.

Un écart significatif entre les sexes

Ce niveau reste bas, très loin derrière celui des hommes qui atteint 45%. Cependant, il convient de noter une légère augmentation sur deux ans, passant de 21% en 2023 à 23% en 2024, puis à 24% dans la dernière enquête. Si les ménages français sont globalement connus pour leur aversion aux placements risqués, cette recherche de sécurité est particulièrement accentuée chez les femmes.

Seules 34% d'entre elles affirment accepter une part de risque dans leurs investissements, tandis que plus d'un homme sur deux, soit 57%, se dit prêt à tenter l'aventure. Cet écart persistant trouve ses racines dans plusieurs facteurs explicatifs mis en lumière par l'AMF.

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Des explications économiques et psychologiques

Les femmes se déclarent en effet moins confiantes quant à l'évolution de leur situation économique et financière future. Seulement 28% d'entre elles expriment cette confiance, contre 39% chez les hommes. Bien que cette différence ne soit pas énorme, elle se combine à des réalités matérielles importantes, comme le souligne l'AMF : des revenus et des patrimoines financiers généralement moins élevés chez les femmes.

Cette prudence accrue n'est pas sans conséquence sur leur capacité à investir et à faire fructifier leur épargne. Elle reflète également des inégalités structurelles qui persistent dans le monde professionnel et financier.

Le malaise des salariées face à la rémunération

Pour approfondir cette question, le média spécialisé ViveS, qui se concentre sur les finances personnelles des femmes, a mené une enquête auprès de 2 000 personnes. Cette étude apporte un éclairage complémentaire sur les défis rencontrés par les femmes en matière de rémunération, au-delà du simple fossé salarial.

Le baromètre de ViveS démontre un malaise croissant parmi les salariées concernant les situations qui pourraient leur permettre de corriger ces inégalités. En effet, la part des femmes se disant à l'aise à l'idée de changer d'entreprise pour gagner davantage a drastiquement baissé en trois ans, passant de 64% en 2023 à seulement 41% en 2026.

De même, on observe une baisse significative dans d'autres domaines clés :

  • La volonté de négocier une promotion est tombée de 62% à 41%.
  • La propension à demander une augmentation a chuté de 44% à 29%.
  • L'aisance à négocier son salaire lors d'un entretien d'embauche a reculé de 41% à 29%.

Ces chiffres illustrent une tendance préoccupante où les femmes semblent de moins en moins enclines à prendre des initiatives pour améliorer leur situation financière, ce qui pourrait expliquer en partie leur réticence à investir.

En conclusion, malgré une légère progression, l'écart entre les hommes et les femmes en matière d'investissement reste substantiel. Il est alimenté par une combinaison de facteurs économiques, tels que des revenus inférieurs, et psychologiques, comme une confiance moindre et une aversion au risque plus prononcée. Les enquêtes de l'AMF et de ViveS soulignent la nécessité de poursuivre les efforts pour réduire ces inégalités et encourager une plus grande participation des femmes aux marchés financiers.

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