Intermarché obligé de revendre trois magasins Colruyt pour respecter la concurrence
Dans une décision rendue publique mardi, l'Autorité de la concurrence a autorisé le rachat par Intermarché de 81 magasins du distributeur belge Colruyt, mais sous condition. Le groupement Les Mousquetaires/Intermarché devra en effet céder trois de ces enseignes à des concurrents agréés, afin de préserver une saine concurrence sur les marchés locaux.
Des cessions imposées dans trois zones géographiques spécifiques
L'Autorité a identifié des risques pour la concurrence dans trois secteurs précis, ce qui a conduit à cette mesure corrective. Les magasins concernés par cette obligation de cession sont situés à Poligny dans le Jura, à Brazey-en-Plaine en Côte-d'Or et à Sainte-Foy-l'Argentière dans le Rhône. Intermarché devra donc trouver un ou plusieurs repreneurs pour ces trois points de vente, des repreneurs qui devront impérativement obtenir l'agrément préalable de l'Autorité de la concurrence.
Garantir les alternatives pour les consommateurs
Dans son communiqué, l'institution régulatrice justifie sa décision par la nécessité de « garantir le maintien d'une concurrence suffisante et de protéger les intérêts des consommateurs sur les marchés concernés ». Elle précise avoir examiné avec attention l'impact de cette concentration sur 43 supermarchés, autorisant finalement 28 opérations sans aucune condition. « L'Autorité s'est assurée que les consommateurs bénéficient d'alternatives suffisantes, tant pour les courses du quotidien que pour des courses plus substantielles », a-t-elle souligné.
Un contrôle strict de la mise en œuvre
Pour s'assurer du respect de ces engagements, l'Autorité de la concurrence annonce qu'elle contrôlera la mise en œuvre de ces cessions avec l'appui d'un mandataire indépendant agréé. Cette surveillance renforcée vise à éviter tout contournement des règles établies pour préserver l'équilibre concurrentiel dans les zones identifiées comme sensibles.
Contexte de l'opération et répartition des magasins
Rappelons que le distributeur belge Colruyt, présent en France depuis 1996 principalement dans le quart nord-est, avait annoncé en juin dernier la vente de 81 de ses 105 magasins intégrés au groupement Intermarché. Cette transaction, d'une valeur globale d'environ 215 millions d'euros, s'inscrit dans le retrait progressif de Colruyt du territoire français.
Outre les magasins repris par Intermarché, le réseau Colruyt a été partagé entre d'autres acteurs de la grande distribution :
- 14 magasins ont été repris par Leclerc
- 3 magasins ont été repris par Carrefour
- 2 magasins ont été repris par Super U
Des conséquences sociales non négligeables
Cette restructuration du paysage de la distribution n'est pas sans impact sur l'emploi. Cinq magasins Colruyt ne trouveront en effet aucun repreneur, entraînant leur fermeture définitive. Les syndicats avaient déploré fin janvier que ces fermetures à Carling et Faulquemont (Moselle), Sens (Yonne), Masevaux (Haut-Rhin) et Montchanin (Saône-et-Loire) conduisent à la suppression de 53 emplois directs.
Plus globalement, le départ de Colruyt de France devrait se traduire par la suppression de plus de 700 emplois sur l'ensemble du territoire, dont environ 600 dans la seule région de Dole dans le Jura, marquant ainsi la fin d'une aventure commerciale de près de trois décennies pour l'enseigne belge.



