Les autorités françaises suivent de près l'impact économique du conflit
Face à la guerre au Moyen-Orient, le ministre de l'Économie Roland Lescure et le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau ont adopté un discours rassurant ce mardi. Ils ont toutefois insisté sur la nécessité de surveiller « de très près » les conséquences économiques et financières de ce conflit inédit.
Pas de panique sur les approvisionnements énergétiques
Lors d'un point presse à Bercy, Roland Lescure a catégoriquement exclu tout risque d'approvisionnement à court terme pour la France, que ce soit sur le gaz ou sur l'essence. « Il n'y a aucun risque d'approvisionnement à court terme en France ni sur le gaz, ni sur l'essence », a-t-il déclaré, ajoutant : « Donc ne créons pas un problème qui n'existe pas. On n'a aucune raison de se ruer aujourd'hui dans les stations-service ».
Pour suivre l'évolution de la situation, le ministre a précisé qu'un dispositif de crise avait été mis en place à Bercy. Une cellule se réunit quotidiennement sous sa direction pour analyser les marchés financiers, les indicateurs économiques et, évidemment, les marchés de l'énergie.
Une exposition française limitée
Roland Lescure, accompagné du ministre du Commerce Serge Papin et de la ministre déléguée à l'Énergie Maud Brégeon, a insisté sur « l'exposition directe peu importante » de la France aux produits énergétiques des pays concernés par le conflit, qu'il a estimée à « un peu plus de 10 % ». De même, il a indiqué que les banques et les assureurs français « sont très peu exposés ».
Le ministre a toutefois reconnu un risque sur les prix du gaz, dont le coût a augmenté de 50 % suite à la fermeture du détroit d'Ormuz. Il a qualifié cette situation d'« effet prix un peu risqué ».
Pas de mouvement précipité sur les taux d'intérêt
De son côté, François Villeroy de Galhau a estimé qu'il serait « une erreur de prévoir aujourd'hui, dans la précipitation, un mouvement éventuel sur les taux d'intérêt » de la Banque centrale européenne (BCE). Il a rappelé que les décisions de la BCE ne se fonderont pas uniquement sur les prix instantanés de l'énergie.
Le gouverneur a souligné que l'économie française abordait ces tensions avec certains atouts : « une inflation basse, une croissance relativement résiliente et un secteur financier solide, avec une exposition limitée sur le Moyen-Orient ». Il a néanmoins appelé à la prudence, indiquant que le Conseil des gouverneurs de la BCE disposera, lors de sa prochaine réunion les 18 et 19 mars, de prévisions économiques actualisées pour prendre ses décisions.
Vigilance accrue du Haut Conseil de Stabilité financière
Le Haut Conseil de Stabilité financière (HCSF) a pour sa part constaté que, à ce stade, les répercussions de la guerre sur le secteur financier « étaient limitées ». Il a toutefois décidé d'accroître sa vigilance et d'engager un suivi renforcé de la situation.
Contexte mondial tendu
Les marchés boursiers mondiaux affichaient des baisses ce mardi, préoccupés par la flambée des prix du pétrole au quatrième jour du conflit. Cette hausse ravive les craintes d'une inflation généralisée. Les cours du pétrole continuaient de grimper, le baril de Brent de la mer du Nord dépassant les 83 dollars.
Dans une interview au Financial Times, Philip Lane, économiste en chef de la BCE, a averti qu'une guerre prolongée au Moyen-Orient pourrait entraîner une forte poussée de l'inflation dans la zone euro, tout en pesant sur la croissance économique.
Malgré ce contexte international tendu, les autorités françaises maintiennent un message de calme et de vigilance, soulignant la résilience de l'économie nationale face à ces nouvelles incertitudes géopolitiques.



