Les représentants du personnel de l'enseigne Gifi ont actionné, mercredi 7 octobre 2026, leur droit d'alerte économique afin de contraindre la direction à la transparence, alors que l'entreprise traverse une période marquée par des difficultés financières et une forte instabilité managériale. Cette décision, annoncée par un élu du CSE auprès de Sud Ouest, vise à "défendre les salariés, les emplois et la marque".
Une situation financière préoccupante
Depuis plusieurs mois, l'ambiance est morose au sein de Gifi. Les rumeurs de non-paiement des salaires et de fermeture de magasins circulent dans l'enseigne de distribution. Le climat interne est jugé propice aux bruits de couloir, avec une direction qui communique peu et des directeurs qui se succèdent à la tête des postes stratégiques.
L'entreprise subit des trous de trésorerie récurrents, qui bloquent régulièrement le paiement des fournisseurs et l'approvisionnement des magasins. Cette situation a des conséquences directes sur l'activité des points de vente et alimente l'inquiétude des salariés.
Une instabilité aux postes clés
La structure fait également face à une rotation importante aux postes de direction, notamment celui de directeur des affaires financières. Pierre Laffore, délégué syndical CFDT, détaille : "Le premier a fait six mois, le second pareil, etc. Le dernier, en poste depuis six mois, vient de quitter l'entreprise." Cette instabilité chronique fragilise la gestion de l'entreprise et nourrit le sentiment d'incertitude parmi les équipes.
Face à cette situation, le Comité social et économique (CSE) a décidé de mettre en œuvre son droit d'alerte économique. Pierre Laffore reconnaît que cette procédure est "longue et complexe", mais il estime qu'elle permettra de tester "la bonne volonté de la direction". Il ajoute : "C'est une procédure longue et complexe, mais la bonne volonté de la direction sera vite prouvée, ou pas."
Le mécanisme du droit d'alerte économique
Le droit d'alerte économique est un outil prévu par le Code du travail. Lorsque le CSE a connaissance de faits de nature à affecter de manière préoccupante la situation économique de l'entreprise, il peut demander à l'employeur de lui fournir des explications, comme l'explique le site du Service Public. Cette demande doit être inscrite à l'ordre du jour de la prochaine réunion du CSE.
Si le CSE n'obtient pas de réponse suffisante de l'employeur, ou si la réponse confirme le caractère préoccupant de la situation, il établit un rapport. Ce rapport est alors transmis à l'employeur et au commissaire aux comptes. Cette procédure permet aux représentants du personnel d'obtenir des informations précises sur la santé financière de l'entreprise et de prendre les mesures nécessaires pour protéger les emplois.
En déclenchant cette alerte, le CSE de Gifi espère obtenir des réponses claires sur la stratégie de la direction et les perspectives de l'enseigne. La décision du CSE intervient dans un contexte où les salariés réclament depuis plusieurs mois plus de transparence et de visibilité sur l'avenir de leur entreprise.