Le président de l’agglomération du Gard rhodanien, Christophe Serre, a présenté lundi 5 octobre ses prochains projets phares : une crèche à Tavel, un mémorial harki à Saint-Maurice-l’Ardoise et un fonds d’investissement de 8 millions d’euros pour soutenir l’innovation. Six mois après son élection, il a fait un point d’étape devant la presse, rappelant que l’agglo est « aussi une agglo de projets ».
Petite enfance : crèche et centre de loisirs rénové
Le maire de Saint-Paulet-de-Caisson, qui s’inscrit « dans la continuité » de la précédente mandature, a égrené les réalisations à venir. La création d’une crèche à Tavel est imminente : « nous sommes à la veille du premier coup de pioche ». Cette infrastructure accueillera une quarantaine d’enfants, contre une vingtaine actuellement. Elle sera financée à hauteur de 1,25 million d’euros par la Caf, pour un coût global de 4,20 millions d’euros.
Côté petite enfance toujours, la rénovation du centre de loisirs Vigan-Braquet à Bagnols-sur-Cèze fait partie des projets du début de mandat. Ce bâtiment, victime en novembre 2024 d’un incendie d’origine criminelle, doit faire l’objet de travaux pour 2 millions d’euros. Il devrait rouvrir ses portes à l’été 2027, répondant à « une forte demande des Bagnolais », a assuré Christophe Serre.
Mémorial harki : un projet à 4 M€ présenté le 29 octobre
Le président s’est ensuite attardé sur « un sujet qui me tient à cœur » : l’édification du mémorial harki au camp de Saint-Maurice-l’Ardoise, attendue depuis de nombreuses années par les associations de harkis. Ce projet à 4 millions d’euros, « pour lequel on a sollicité l’État », sera présenté le 29 octobre prochain. Une date symbolique, puisque le camp avait ouvert le 29 octobre 1962.
Place ensuite à l’économie, compétence pour laquelle « nous avons choisi de n’avoir qu’une seule et unique vice-présidence qui chapeaute l’ensemble de l’activité économique », déléguée à Sébastien Bayart, maire de Codolet. L’occasion de reparler de l’implantation de MGH Energy sur l’ancien site ArcelorMittal à l’Ardoise, acquis par l’Agglo pour 1,5 million d’euros, et de celle d’un SMR à Marcoule. Outre la start-up Hexana, une seconde entreprise aurait émis le souhait de s’y installer : « Ils en sont encore à la phase de consultation ».
Un fonds de 8 M€ pour les entreprises et start-up
Pour continuer à être attractif, le Gard rhodanien réfléchit à créer une société d’investissement dans l’innovation (S2I). L’idée : investir dans des projets grâce à un fonds de 8 millions d’euros, abondé à hauteur de 25 % par la collectivité, le reste étant financé par d’autres partenaires publics et privés (banques, autres agglomérations). Cela devrait permettre, sur dix ans, d’accompagner une trentaine d’entreprises et start-up porteuses de projet : un effet levier pour ces dernières, mais aussi un moyen de capitalisation pour l’agglomération afin de réinvestir dans de nouvelles entreprises. Accompagnée par une société de gestion, l’agglo parle ici d’« un projet très innovant » à l’échelle d’une agglomération.
Cette conférence de presse était aussi l’occasion de faire le point sur le bilan du projet de territoire 2020-2026. Question mobilités, « il y a eu la création des PEM (pôles d’échange multimodal) de Bagnols-sur-Cèze et Pont-Saint-Esprit, et la création des navettes urbaines ». Il a évoqué la mise en place de la redevance incitative, « une bonne chose » avec une baisse de 50 % des ordures ménagères traitées : elles sont passées de 21 000 tonnes en 2021 à 10 000 tonnes en 2025. « Il y a eu quelques difficultés en milieu urbain mais on a trouvé des solutions », assure le président, qui évoque la mise en place de bokashi (un procédé de compostage urbain) ou encore un recalibrage des points d’apport volontaire.
Santé, eau et prochaines échéances
En termes de santé, l’agglomération a participé à l’ouverture de la maison médicale de garde de Bagnols-sur-Cèze et à la création de la maison des internes. Ont également été évoqués le développement de l’AggloMobile et le renforcement de l’accompagnement des entreprises du territoire. Récemment, le président a indiqué qu’une tarification sociale avait été mise en place au conservatoire, et que le Codev avait été installé.
Concernant les autres compétences, Christophe Serre a noté la prochaine révision du Scot, « qui va occuper les élus pendant au moins deux ans », et l’élaboration du projet de territoire, soit la feuille de route pour les six ans à venir, qui devrait être mis au vote « au plus tard » en juin 2027. La question de l’eau et de l’assainissement devrait y trouver une bonne place, avec l’objectif d’arriver « à un prix unique de l’eau » sur les 44 communes du territoire. « Il faut trouver des solutions pour que l’eau payée à Pont-Saint-Esprit soit au même prix qu’à Tavel », lance Christophe Serre, évoquant des pistes comme faire payer plus cher l’été ou les gros consommateurs. La délégation de service public pour l’eau, comme celle pour les transports, arrivant à son terme en 2028, un nouvel appel d’offres sera lancé en 2027.