Le député Rassemblement National (RN) des Bouches-du-Rhône, Franck Allisio, a annoncé ce vendredi 9 octobre 2026 « mettre fin » au contrat d’un attaché parlementaire, Louis Grégoire, mis en cause par le quotidien Libération pour des publications en ligne de « conseils de lecture collaborationnistes, blagues racistes et slogans fascistes ». Selon le journal, ces écrits, datant pour certains de 2018, ont été publiés sur un compte Facebook privé.
Des publications choquantes révélées par Libération
Libération rapporte que Louis Grégoire, collaborateur de longue date de Franck Allisio, a notamment écrit en 2018, à propos du débarquement allié en Normandie du 6 juin 1944, avoir une « pensée émue (pour les) pauvres boys morts en France, sacrifiés sur l’autel du nouvel ordre mondial ». Un autre post de 2018 ferait référence en ces termes à la Seconde Guerre mondiale : « L’armée française reconstituée par Pétain en Afrique du Nord aurait pu faire l’affaire si le colonel de Gaulle n’avait pas cassé les cou**** (sic) ».
Les publications incriminées citeraient également l’écrivain d’extrême droite Robert Brasillach, fusillé à la Libération pour collaboration, ainsi que l’essayiste Pierre Hillard, dont des propos antisémites ont notamment motivé la dissolution du mouvement catholique intégriste Civitas. D’autres posts auraient des relents complotistes, racistes, antisémites ou masculinistes, comme « Pour faire une blague sur les Maghrébins, il faut être Maghrébin, sur les Noirs, il faut être Noir, sur les Juifs, il faut avoir un bon avocat » ou « Vive les jolies filles, et tant pis pour les grosses moches (autre nom pour les féministes) qui complexent. La nature est fasciste, il faudra bien qu’ils s’y fassent un jour ».
La réaction de Franck Allisio
Dans un communiqué, Franck Allisio indique avoir « reçu » son attaché parlementaire « à la suite de l’article publié par un média d’extrême gauche ». Il précise que « ces écrits dont il est accusé, et qui dateraient d’il y a 10 ans, étaient inconnus de tous et antérieurs à son recrutement par l’Assemblée nationale ». Il ajoute : « Afin de lui laisser le temps de la clarification, j’ai pris la décision de mettre fin à son contrat ».
Le député d’extrême droite, candidat aux dernières municipales à Marseille et battu au second tour avec 40 % des voix, a donc choisi de se séparer de son collaborateur. Libération affirme de son côté que le compte privé incriminé est « suivi par Franck Allisio ». L’AFP a pu constater que Louis Grégoire figure au nombre des amis Facebook d’un ancien compte de M. Allisio dont la dernière publication publique remonte à 2023.
Une affaire qui relance les polémiques au RN
Cette affaire survient alors que le Rassemblement national est régulièrement épinglé pour des propos ou des agissements de ses membres. Interrogés par l’AFP, ni M. Grégoire, ni M. Allisio n’ont immédiatement répondu. La décision de mettre fin au contrat de l’attaché parlementaire intervient après les révélations de Libération, qui a documenté ces publications. Le compte Facebook incriminé n’est pas en libre accès, a constaté l’AFP. Cette affaire pourrait avoir des conséquences pour le député, qui devra clarifier sa position et répondre aux questions sur sa connaissance des écrits de son collaborateur.