La directrice générale du FMI alerte sur les risques économiques liés au conflit au Moyen-Orient
L'économie mondiale est « de nouveau mise à l'épreuve » par la guerre au Moyen-Orient, a affirmé jeudi depuis Bangkok la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Kristalina Georgieva. Dans un contexte de volatilité extrême des marchés, elle a souligné les dangers potentiels pour la stabilité financière internationale.
Un monde d'incertitude et de chocs fréquents
« Nous vivons dans un monde où les chocs sont plus fréquents et plus inattendus, et nous prévenons nos membres depuis un certain temps que l'incertitude est désormais la nouvelle norme », a déclaré Kristalina Georgieva lors d'une conférence sur l'Asie en 2050. La patronne du FMI a insisté sur la nécessité de préparer les économies à cette réalité instable.
« Ce conflit, s'il était amené à durer, pourrait évidemment affecter les prix mondiaux de l'énergie, le sentiment des marchés, la croissance et l'inflation », a-t-elle ajouté avec une inquiétude palpable. Déclenchée samedi par une offensive des États-Unis et d'Israël sur l'Iran, la guerre a embrasé toute la région, provoquant des réactions en chaîne sur les marchés mondiaux.
Les marchés financiers en montagnes russes
« Les marchés ont évolué comme des montagnes russes au cours des derniers jours », a constaté Kristalina Georgieva depuis la capitale thaïlandaise. Cette observation fait écho aux mouvements erratiques observés sur les places boursières internationales :
- À Séoul, l'indice Kospi a flambé de 9,63% jeudi, une reprise spectaculaire au lendemain d'un plongeon historique de 12%
- Les marchés asiatiques se sont rassérénés dans la foulée d'une hausse de Wall Street
- Les investisseurs américains ont salué mercredi des données économiques meilleures qu'attendues
Cette volatilité extrême illustre la sensibilité des marchés aux développements géopolitiques dans cette région stratégique.
L'impact sur les prix de l'énergie
La guerre au Moyen-Orient a fait flamber les prix mondiaux du pétrole, créant des tensions supplémentaires sur les marchés énergétiques. Vers 06H30 GMT jeudi, le baril de Brent, référence du marché, gonflait de 3,22% à 84,09 dollars. Le WTI nord-américain prenait quant à lui 3,78% à 77,45 dollars.
Cette hausse intervient dans un contexte déjà tendu :
- La Chine a demandé à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de gazole et d'essence
- Le blocage actuel du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz menace l'approvisionnement énergétique
- Le Moyen-Orient représentait en 2025 environ 57% des importations chinoises directes de brut transporté par voie maritime
« Les raffineurs ont été invités à cesser de signer de nouveaux contrats et à négocier l'annulation d'expéditions déjà convenues », a rapporté l'agence Bloomberg, confirmant les mesures d'urgence prises par Pékin.
Un appel à la résolution rapide du conflit
« Plus vite cette calamité prendra fin et mieux ce sera pour l'ensemble du monde », a poursuivi Kristalina Georgieva, évoquant une « période de flux potentiellement prolongée ». Son appel à la désescalade reflète les préoccupations croissantes de la communauté internationale face aux conséquences économiques de ce conflit.
La directrice du FMI a souligné que la situation actuelle exigeait une vigilance accrue de la part des gouvernements et des institutions financières, qui doivent se préparer à faire face à des chocs économiques potentiellement graves si le conflit venait à s'étendre ou à se prolonger.



