Flavia Paldi, chercheuse en biologie cellulaire à l'Institut de génétique humaine (IGH) de Montpellier et mère de quatre enfants, fait partie des lauréates 2026 du prix L'Oréal-Unesco pour les femmes et la science. La cérémonie de remise a lieu ce mercredi 7 octobre à Paris, accompagnée d'un chèque de 20 000 €.
Un parcours international
Née à Budapest il y a 35 ans, Flavia Paldi a quitté la Hongrie après le bac pour étudier à Édimbourg, en Écosse. C'est là qu'elle rencontre son compagnon, un Français d'origine bretonne. Le couple s'installe en France quinze jours avant le confinement du Covid, attiré par Montpellier, décrit par la chercheuse comme « un hot spot » dans son domaine, y compris en Europe.
Installée à Jacou, elle jongle entre une vie familiale intense et son travail à l'IGH. « Je ne dors pas beaucoup, c'est intense », sourit-elle. Ses journées sont rythmées par la crèche, l'école, le télétravail et le laboratoire. Elle se reconnecte souvent sur les coups de 21 h, une fois les enfants couchés.
La mémoire cellulaire, son champ de recherche
Flavia Paldi est contractuelle à l'IGH. Elle cherche à comprendre un phénomène appelé la mémoire cellulaire. « Toutes les cellules dans un organisme ont le même contenu d'ADN mais les cellules se comportent très différemment. Une cellule de peau, ce n'est pas la même chose qu'une cellule de sang. Et c'est la combinaison des gènes qui donne leur identité aux cellules. Cette identité, il faut la maintenir. J'essaie de comprendre le mécanisme moléculaire qui maintient cette mémoire », explique-t-elle.
Cette recherche fondamentale pourrait avoir des applications en santé, notamment pour comprendre le cancer : « Pourquoi une cellule saine perd son identité et devient cancéreuse ? »
Une reconnaissance et un message d'espoir
La fondation L'Oréal a voulu mettre en avant son quotidien, sur recommandation de sa cheffe d'équipe à l'IGH, le docteur Charlène Boumendil, elle-même ancienne lauréate. Flavia Paldi confie : « Pendant longtemps, j'ai pensé que j'étais obligée de faire un choix et j'hésitais vraiment à poursuivre une carrière scientifique. Est-ce que j'étais vraiment capable de mener des recherches, de gérer un laboratoire, une équipe de recherche en ayant autant d'enfants ? Et après finalement j'ai décidé que oui, c'était possible. Il faut y croire. »
La chercheuse s'efforce de faire passer ce message aux plus jeunes. Elle est sur le point de monter sa propre équipe de recherche : les accords sont passés, reste à trouver les financements. Le prix L'Oréal y contribuera.